Les sudistes se rebiffent

Ça ressemble un peu à l’histoire de la marmite d’or au pied de l’arc en ciel. Toute la flotte fait maintenant route vers un point imaginaire qui se déplace en permanence. Bien sûr, ils vont tous à Auckland mais avant cela, il leur faut passer par un certain nombre de points imaginaires et ils n’ont pas tous les mêmes !

160 milles nautiques séparent maintenant la flotte nord de la flotte sud. Dans le sud, le vent est de 15 à 18 nœuds, orienté au 70/80° alors que les bateaux du nord ont un vent plus faible (10 – 12 nœuds) légèrement plus à droite (110°). Cela signifie que ces deux flottes vont probablement se rapprocher mais il faudra attendre une dizaine de jours avant de voir une possible compression au niveau du Pot au Noir.

En ce qui concerne l’option nord, très remarquée hier, elle semble moins décisive que prévue. Le skipper d’Abu Dhabi Ocean Racing, Ian Walker, ainsi que le navigateur d’Alvimedica Will Oxley ont dit qu’ils trouvaient qu’elle n’avait pas payée tant que ça. Le vent n’est pas arrivé si vite, cela dit, il arrivera par le Nord Est et permettra des gains appréciables.

La bonne nouvelle du jour est que les équipages naviguent maintenant en plein océan. La mer est propre et il n’y a plus de déchets flottant un peu partout comme c’était le cas sur les précédentes étapes.

  • Leader : Abu Dhabi Ocean Racing
  • Vitesse du vent : 13 – 21 nœuds
  • Vitesse du bateau : 15 – 17 nœuds
  • Direction du vent : 26° – 346°
  • Bateau le plus lent : SCA (14,6 nœuds)
  • Bateau le plus rapide : Abu Dhabi, Dongfeng Mapfre, Alvimedica

Après cinq jours de course, la flotte est scindée en deux. A bord de Dongfeng Race Team, Charles Caudrelier se prépare à un run de 7 jours. Il râle, un peu, mais n’a rien perdu de son sens de l’humour.

Charles Caudrelier

Nous voilà partis pour un run de vitesse de 7 jours.
Nous sommes un peloton de 4 bateaux, nous nous voyons tous a l’exception de Abu Dhabi que nous apercevons parfois sur notre système AIS.
Ce système nous permet toutes les minutes de voir la position la vitesse et le cap de nos concurrents et donc de se comparer à eux et de savoir si nous allons plus vite ou pas. L’AIS est aussi utile pour comprendre les intentions de nos concurrents sur leurs choix de route mais c’est un signal que nous ne pouvons capter que dans un rayon de 20 km.
Il est extrêmement difficile de savoir a quelques degrés près la route optimum vers l’équateur que nous allons traverser dans 7 a 8 jours.
Des variations de cap de 1 ou 2 degrés gêneront des écarts en latéral énormes au bout de 8 jours
La question que nous nous posons tous est de savoir s’il faut faire de l’est ou de l’ouest. Partir à l’est, c’est serrer le vent, aller moins vite mais c’est aussi passer l’équateur en un seul bord. Faire de l’ouest nous permettrait d’accélérer dès maintenant, en espérant que le vent nous autorise à passer en un seul bord.
Dans le doute nous restons groupés et le jeu est juste d’aller plus vite que l’autre. Le bilan est positif, à l’exception d’Abu Dhabi qui résiste nous sommes plus rapides que les deux autres pour le moment.
Mais à bord ça travaille dur. Le vent est extrêmement variable et l’état de la mer aussi. Il faut adapter en permanence nos réglages de voile mais aussi la position des poids à bord, la hauteur de notre dérive. Tout ça à 20 degrés de gite avec beaucoup d’eau sur le pont. Mais ne nous plaignons pas nous sommes dans le Pacifique, le plus chaud des océans. Trop chaud même ! Dans quelques jours l’eau va monter à plus de 28 degrés. La douche sera chaude à l’étrave. Nous vous enverrons des images. Tout le monde pensera que nous avons de la chance devant ses vidéos et que notre vie est paradisiaque.
Mais à part cette petite douche, la vie à bord va devenir difficile, surtout à l’intérieur. Cette étape reste un de mes pires souvenirs de la dernière Volvo Océan Race. Enfiler un ciré par 30/35 degrés n’a rien de très agréable. Vivre et dormir en milieu de journée dans notre bateau qui devient un hammam sous le soleil est très pénible. Je me plains beaucoup et je sais déjà que sur la prochaine étape je râlerai parce que j’ai trop froid.

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