Duel pour Sète

© Alexis Courcoux

A 60 milles de l’ultime escale de La Generali Solo 2013, deux hommes se livrent un duel sans merci. Yoann Richomme (DLBC) en tête au passage obligatoire des Mèdes ce matin vient de se faire chiper sa place de leader par un géant aux dents longues : Gildas Morvan (Cercle Vert). Entre les périodes de molles et les petites brises thermiques, les 16 solitaires ont joué à l’élastique depuis le départ de Beaulieu sur Mer dimanche dernier. Un sport éprouvant qui dure déjà depuis plus de 48 heures… et ce n’est pas fini !

C’est un peu comme les bouchons sur l’autoroute des vacances. Un coup ça freine… un coup ça avance. Vous conviendrez qu’il y a matière à s’agacer. Sur l’encre bleue clapoteuse du golfe du Lion, le vent joue avec les nerfs des Figaristes. Après le passage des Mèdes ce matin, les bateaux se sont arrêtés. Plus un souffle. Cependant, les marins, même les plus Bretons, ont l’air d’avoir adopté la Med’. « C’est la grosse pétole, les voiles battent dans tous les sens mais on arrive à avancer à 1 nœud. Rien n’est perdu. Il faut essayer de faire avec ce qu’on a, et s’appliquer sur les réglages du bateau. » expliquait ce midi à la vacation, le jeune et fougueux Corentin Horeau (Bretagne-Crédit Mutuel Espoir). Comme quoi, les caprices de la Méditerranée finissent pas vous rendre placide… voir plein d’espoir. Car rien n’est encore joué.

Casino royal

Si le rouleau compresseur Gildas Morvan s’est offert une remontée spectaculaire depuis la marque La Cassidaigne hier soir, en passant de la 8e à la première place ce midi, les jeux demeurent encore très ouverts à 60 milles de la ligne d’arrivée devant le port de Sète. Tenez, Gwen Gbick (Made in Midi), deuxième aux Mèdes ce matin, se retrouve dernier au passage du cap Créus. Et l’Irlandais David Kenefick (Full Irish), dernier depuis le départ de Beaulieu… se retrouve quatrième. De quoi en perdre le Nord ! A chaque période de transition météo, les bateaux se regroupent, puis s’étirent quand le vent rentre. Entre la roulette, la loterie et le jeu d’échec, les skippers jouent à qui perd gagne.

Compétiteurs dans l’âme, quelques marins continuent de tenter des coups : Gildas Mahé (Ports d’Azur-Interface Concept), Xavier Macaire (Skipper Hérault) et Fred Duthil (Sepalumic) ont choisi une route plus au large espérant que le vent tourne en leur faveur. Les 2 milles d’avance de Gildas Morvan et Yoann Richomme sur le reste de la flotte vont-ils fondre comme neige au soleil ? Réponse demain dès l’aube sur la ligne d’arrivée…

Ils ont dit :

Gildas Morvan (Cercle Vert) :

Ca s’est bien passé, j’ai essayé de jouer la route directe et la terre. J’étais avec Yoann Richomme, et à un moment, je suis reparti devant lui. J’ai eu un peu de réussite, mais la route est longue et il va encore se passer des choses.
Les bateaux étaient à 90° de la route, je trouvais ça bizarre, et pas très judicieux par rapport à la route directe, donc je trouvais ça pas mal d’être proche de la côte pour avoir du vent. Les modèles changent sans arrêt, donc on essaye d’avancer avec le vent qu’on a. J’ai réussi à dormir avant d’arriver aux mèdes, j’ai fait une bonne rafales de sieste de 20 minutes, donc j’étais bien frais ce matin. 

Gwenaël Gbick (Made in Midi) :

C’est un beau bazar ! Nous sommes dans une zone de transition et on sent bien que les petits copains ont des idées. La mienne, c’est que le vent va revenir du large, donc je vais au large. Ca me tente bien d’y aller, je le sens bien comme ça. Cette nuit, ce n’était pas évident, bien physique. Je n’ai toujours pas dormi depuis le début, sauf trois fois dix minutes à un moment sous spi parce que je n’en pouvais plus. Je ne réfléchis pas trop, je mets ce que j’ai dedans, on fera les comptes plus tard. Arriver bien placé, ce serait la cerise sur le gâteau. 

Xavier Macaire (Skipper Hérault) :

Ca sent la transition. Je suis plus motivé que jamais d’arriver bien placé dans mes terres. Il reste encore une petite portion de parcours à finir, il va falloir faire ça proprement. Je suis en collant et chaussettes, c’est original, mais surtout confortable. Je me sèche au soleil, cela fait du bien ! Je ne suis pas sûr que le passage des Mèdes soit décisif, mais c’est déjà ça de pris d’être dans le bon groupe de tête. On devrait retoucher du vent plus établi, et si ça le fait, on devrait arriver dans la nuit à Sète. 

Yoann Richomme (DLBC) :

J’ai été un homme heureux : c’est bien, j’ai fait un bon petit coup dans la nuit ; depuis, le vent est totalement tombé et je ne sais pas trop où je me situe. C‘est quasi impossible de faire avancer le bateau, ne serait-ce que de le garder dans l’axe, c’est difficile. On attend du vent, mais on n’a plus de fichier à jour, du coup c’est du poker. J’ai beaucoup dormi cette nuit, je pense que j’ai dû faire 3-4 heures donc c’était top, j’ai bien récupéré parce que je n’avais pas dormi jusque-là. En ce moment, c’est très compliqué parce qu’on n’a aucune idée de la météo. Je pense que normalement on devait arriver vers minuit, mais là on n’arrête pas de prendre du retard.

Corentin Horeau (Bretagne – Crédit Mutuel Espoir) :

C’est la grosse pétole, les voiles battent dans tous les sens mais on arrive à avancer à 1 nœud. Cette nuit, j’ai pu me reposer un peu mais c’est quand même compliqué ces conditions. La première nuit j’avais réussi à bien revenir dans le match mais il y a eu une redistribution et c’est parti par devant. Du coup depuis le début de la course je suis un peu en retrait et j’ai du mal à revenir. Mais rien n’est perdu. Ca fait maintenant 3 jours que les fichiers sont sortis, ce n’est pas la meilleure fiabilité possible. Il faut essayer de faire avec ce qu’on a et faire avancer le bateau. On vient d’affaler le spi, on est repassé sous génois. Il y a 0,5 nœud de vent et les spis ne portent plus. Quand on lance les routages ça nous fait arriver cette nuit .

Source

Rivacom

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