Très tôt, constatant l’absence de vent en rade sud, le comité de course a décidé d’aller le chercher plus loin, du côté de Caveau et de Montrose, pour trouver un vent stable, venu du sud. Une décision judicieuse qui a permis de lancer une manche généreusement alimentée par un vent continu et soutenu. Le Lézard s’est distingué en prenant le meilleur départ, mais le vent trop fort a contraint José Cano et ses équipiers à jouer la prudence plutôt que de casser comme l’an dernier.
Le trophée remis en jeu par Marigold est revenu à Windhover de Marc Poullain, premier du classement scratch. « Nous avons gagné commente Claude Bauler, embarqué à bord. Les conditions étaient excellentes, nous avons eu 20 bons nœuds de moyenne, un vent de secteur sud-sud est. Cela a été pour tous une belle balade bien agréable, nous nous sommes régalés d’autant que nous appréhendions de retomber sur le même temps que la veille. Le comité a eu la bonne idée de partir tôt au large. » Windhover s’impose en petits Epoque Marconi devant Elan et Fissa.
Oriole a réalisé la meilleure course en temps réel, exploitant au mieux ces conditions ventées oscillant entre 15 et 23 nœuds. Oriole a navigué au plus court, pour tirer profit de son poids, sur le parcours banane et a bouclé l’arrivée avec une centaine de mètres sur le second Running-Tide. Oriole termine premier des Aurique devant Marigold.
Marigold a aussi su profiter du vent. « Marigold navigue mieux par gros temps en raison de son poids, 35 tonnes, alors que Partridge qui pèse 15 tonnes de moins s’en sort mieux par petit temps, explique Tristant Rouff, second et charpentier de marine sur Marigold qui a réussi un podium à Porquerolles. « Nous avons gardé tout le long la vitesse. On a super bien marché, cela nous a permis de revenir dans la course car jusque-là, nous avons eu pas mal de petit temps. » Marigold a été découvert pas ses actuels propriétaires alors qu’il croupissait dans la vase, il y a 25 ans. « Il est restauré à l’authentique, on s’allume à la lampe à pétrole et ce qui est appréciable, c’est la simplicité de ses propriétaires, Glen et son épouse Frances Allan. Ils possèdent un bateau de rêve et sont d’une simplicité inégalable ».
Le podium des aurique est complété par Partridge 1885. Son histoire est celle d’un bateau abandonné à l’état d’épave, récupéré in extremis par Alex Laird, son skipper et acquis par l’oncle de ce dernier pour la modique somme de … 300 euros en 1980. « Pendant dix ans, je me suis attelé à le restaurer » explique Alex Laird, il était dans mon jardin ».
Aujourd’hui, son prix avoisine le million d’euros. « A quelque chose près, mais en réalité Partridge n’est pas vraiment à vendre ». Le bateau est basé à la Ciotat où se trouvent le chantier naval Classic Works qui restaure les voiliers classiques.
« Hors saison de voile (3e à Porquerolles) nous sortons de temps en temps en mer avec les charpentiers, les ouvriers du chantier qui travaillent sur les bateaux. C’est normal qu’ils partagent un peu et apprennent à naviguer dessus. En tout cas, c’est un plaisir d’être venu et à l’année prochaine ».
En classique Marconi, Noryema IV précède Running-Tide et Trumpeter. En esprit de tradition, Serena devance Peau Brune.
« Nous avons réussi un excellent départ, a expliqué Jean Berthoz, embarqué sur Nagaina, 3e chez les Epoque Marconi, derrière Havsörnen et Eilidh. Nous nous sommes tous régalés aujourd’hui. Ce qui est marrant, c’est que l’on est sorti en se disant c’est pétole, comme la veille. Le comité de course a pris la décision de nous faire naviguer plus au large et là, on a touché un vent qui n’a jamais faibli de la journée. C’était une super idée ».
L’opération régate en vue a encore connu un énorme succès, les trois rotations en mer affichant complet pour cette dernière et belle journée où toutes les conditions étaient réunies.
Prix spéciaux
Prix d’honneur : trophée des Voiles du Vieux Port : Windhover
Prix la tape de bouche de l’AFYT Association Française des Yachts de Tradition : Fissa
Prix du yacht Club de France
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