Pour sa première participation en Décision 35 (mais son 3e Bol d’Or) Franck Cammas sur Zebra 7 Girard-Perregaux s’est donc adjugé cette très belle édition anniversaire du Bol d'Or Mirabaud, franchissant la ligne d’arrivée après 09h34'16. Malgré un départ modeste et plutôt patient, le skipper français a su passer la bouée du Bouveret en 5ème position avant de se hisser en haut de la flotte sur le chemin du retour. Régatier dans l'âme, ce méditerranéen de 36 ans est aujourd'hui l'un des skippers les plus cotés du circuit mondial.
Samedi, les airs ne favorisaient pas les stratégies, mais plutôt les décisions tactiques pour saisir les vents au bon endroit et au bon moment. Il fallait être patient, puis oser prendre des risques. Tout au long de l’après-midi, la régate a connu un déroulement palpitant. Alors que Zen Too avec le Vaudois Stève Ravussin à la barre, avait mené la régate pendant la première moitié de la journée, et passé la barge du Bouveret en tête, la course s’est jouée vers 14h : Franck Cammas et son jeune équipage, profitant d’airs bien installés dans le haut lac, ont alors pris une option «côte suisse» qui s’est avérée payante et qui a permis à Zebra 7 Girard-Perregaux de prendre la tête. Pendant ce temps, de très nombreux voiliers, dont toute une flotte de Surprise - sur les 106 qui participaient à ce Bol d’Or Mirabaud - restaient malheureusement bloqués à l’entrée du grand lac et se préparaient à une longue nuit, bien trop calme.
Franck Cammas était entouré du plus jeune équipage des D35 avec les genevois Julien Di Biase et Loïc Forestier à la tactique, ainsi que Yannick Preitner, Nicolas Groux et Robert Graham pour les manœuvres. Considéré comme un prodige du multicoque, le skipper français détient 5 titres de champion du Monde ORMA ainsi que le record de la traversée de l’Atlantique Nord. Il a remporté la Solitaire du Figaro à l’âge de 24 ans.
2e place pour Team Parmigiani: les M2 aux avant-postes
Samedi, il a fallu composer avec ses variations de vents, détecter et interpréter les moindres signes pour dompter les caprices du lac. Avantage donc aux M2 lesquels, grâce à leur poids plume, leur puissance et leur vélocité sont faciles à manier et permettent une grande réactivité dans l’action pour aller chercher les bonnes risées. Michel Vaucher a bien exploité le savoir-faire tactique de son équipage et montré qu’il savait gérer habilement les conditions de vents variables. La deuxième place au classement général de Team Parmigiani démontre que les M2 ont la capacité, par des vents faibles et instables, de se mesurer aux D35 et de prétendre aux premières places.
Des stars océaniques à la barre des Décision 35
Alinghi fait une magnifique remontée puisqu’il a réussi à passer de la 13e place (au moment du passage de la barge du Bouveret) à la 3e, réalisant ainsi une très belle performance. L’emblématique Décision 35, barré par Ernesto Bertarelli et le Néo Zélandais Murray Jones, a prouvé une nouvelle fois ses capacités à se jouer intelligemment des caprices du Léman. Alinghi a devancé Romandie.com, d’environ 1 minute 30.
Les conditions de vents changeantes n’ont pas souri aux autres stars du Bol d’Or Mirabaud présenté par Girard-Perregaux. Foncia, avec à son bord Alain Gautier et Michel Desjoyeaux, tous deux vainqueurs de la solitaire du Figaro et du Vendée Globe, a terminé septième. Okalys de Nicolas Grange, qui a remporté la course en 2005 et 2007, a terminé cette fois en huitième position, malgré quelques très beaux moments, Le Décision 35 était barré par un autre stratège des océans, Loïck Peyron, qui vient de remporter à Boston la Transat anglaise en solitaire pour la troisième fois. Seul équipage entièrement féminin, le Ladycat, barré par Karine Fauconnier, a effectué une belle remontée en fin de régate pour terminer 9ème au classement général.
Lutte serrée dans la classe des monocoques
La lutte pour la victoire s’est jouée dans un mouchoir de poche dans la catégorie des monocoques, puisque les cinq premiers ont franchi la ligne d’arrivée en l’espace d’un quart d’heure. Oyster Funds, barré par Xavier Lambert, était déjà en tête des monocoques à mi-course et s’est distingué par une belle régularité. Il devance Digital BDO et Taillevent II. Couleur saumon, le premier Surprise, Tarangau, déjà vainqueur l’an passé, est arrivé ce matin à 6h07 après plus de 21 heures de course. Dans la classe des Grand Surprise, Little Nemo a gagné tandis que Enaile s’imposait chez les Toucans.
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