Ainsi va le monde et ainsi va Thomas sur les océans. D'abord sur son trimaran de 60 pieds (18 m) en 2005 et 2006 : Cadix - San Salvador, Miami - New York, traversée de la Manche, tour des îles britanniques, record SNSM. Depuis un an, sa nouvelle monture a trois coques et mesure 105 pieds (32 m).
De nouvelles dimensions pour un objectif autour du monde. La première tentative a avorté en janvier, suite à une avarie. Une avarie survenue quelques instants après l'établissement d'un record, bien sûr. Depuis le 6 janvier 2008, Thomas Coville détient le record de distance parcourue en solo sur 24 heures. Ce jour-là, dans l'océan Indien, Sodeb'O a avalé 619,3 milles, soit 1115 km parcourus à 25,8 noeuds de moyenne (47,8 km/h). Une paille !
Excitation de l'incertitude
« Je ne suis pas un aventurier, s'empresse de préciser Thomas. Ce qui m'excite, c'est de savoir si je vais être capable. Au moment où je me lance, je ne sais pas. J'aime que la réponse ne soit pas écrite avant de partir. Dans une course, ce qui est sympa, c'est de ne pas savoir si tu vas gagner. Quand on fait une tentative de record, aujourd'hui, on ne sait pas si on va améliorer le temps de référence. » Une telle déception, Ellen MacArthur l'a vécue en 2004 lors d'une traversée de l'Atlantique. Bientôt, Thomas fera tout son possible pour faire marcher son trimaran le plus vite possible et éviter le piège de l'anticyclone estival qui asphyxie les chasseurs de records.
A chacun son tempo
« Nos vies sont pleines de paradoxes, relativise Thomas. Tout le monde est tout le temps en record, tout le monde va vite et se dépêche pour attraper le métro. D'ailleurs, était-ce le bon métro pour moi ? C'est une maladie du monde moderne de ne pas vivre avec le soleil, de ne pas se lever quand il se lève et se coucher quand il se couche. »
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