FINN
GUILLAUME FLORENT, 34 ans
Discret et posé, le " chti " de L’Equipe de France cache bien son jeu. Car cet ingénieur spécialisé dans les technologies les plus avancées a fait du succès le leitmotiv de sa vie sportive et professionnelle. A 34 ans, le dunkerquois taillé comme une armoire normande, n’a rien raté de ce que ces dernières années pouvaient lui offrir. Il passe du Laser d’Atlanta pour en découdre avec le Finn et ne décolle plus du peloton de tête depuis dix ans. Saturé de régates, il quittera pourtant sa coque de noix pour embarquer sur le Défi chinois lors de la dernière Coupe de l’América où il opère comme navigateur et gère toute l’électronique embarquée. Cette expérience fut une révélation, aujourd’hui, Florent rêve de mener vers la gloire un bateau français. En attendant la bonne risée du destin, il revient au sein l’Equipe de France avec une nouvelle envie de naviguer, « j’arrive avec une certaine fraîcheur » ajoute-t-il avec toujours un zest humour. Alors quand on lui parle de podium en Chine, il évoque cette éventualité et répond avec une pointe d’auto-dérision : « Si tout s’enchaîne bien, si je suis dans un bon jour, si j’ai bien dormi… »
TORNADO
XAVIER REVIL, 37 ans (Barreur) et CHRISTOPHE ESPAGNON, 32 ans
Les similitudes entre ces deux garçons sont troublantes. Les parents ont fait carrière dans l’éducation nationale et manifesté la même fibre voyageuse. Alors que les Revil coulent des jours heureux en coopération à Dakar, Les Espagnon enseignent sous le soleil des Antilles. Il a fallu quelques stages d’Optimist et un bon coup du destin pour que Xavier, 37 ans, et Christophe, 32 ans, se rencontrent. Marins d’eau douce à leurs débuts, l’un sur le Lac d’Annecy, l’autre sur le plan d’eau de St Quentin-en-Yvelines, ils deviennent concurrents sur Tornado avant de faire équipe en 2005. La fusion s’avère totale, le duo décroche une troisième au Championnat du Monde. Plus âgé de 5 ans, ans que son équipier Xavier réalise à peine qu’il accumule déjà cette année sa troisième préparation olympique sur ce bateau qu’il connaît depuis son intégration au bataillon de Joinville. Une fois encore Xavier disputera « la régate suprême avec la fierté de représenter son pays ». Paradoxe notoire puisque c’est Christophe qui travaille vraiment pour la France en tant qu’engagé dans la Marine Nationale ! Le marin Espagnon se définit « force tranquille au bouillonnement intérieur » et place le plaisir de naviguer comme une priorité absolue. En Chine, ils devront conjuguer leur esprit de stratège sur des régates où s’aligneront seulement 16 bateaux contre 55 habituellement en championnat. Info ou intox, leur bête noire, l’autrichien Roman Hagara, champion olympique estime que l’équipage français est le seul à pouvoir le battre dans le petit temps !
49 ER
EMMANUEL DYEN, 29 ans (Barreur) et YANN ROCHERIEUX, 25 ans
Le barreur et son équipier assument sans complexe un passé commun de « marin d’intérieur ». Il n’est pas si lointain le temps où Manu et Yann sillonnaient le lac Léman ou le plan d’eau de Piriac. De cette époque, ils ont gardé la science et la patience de naviguer dans des vents légers et perturbés par les reliefs. Aujourd’hui, cette expérience pourrait devenir un avantage important dans les petits airs de ce plan d’eau chinois bordés à la fois d’immeubles et de montagnes frôlant les 1100 m. Incontestablement, le 49er est taillé pour ce type de navigation. Manu et Yann partage cette passion pour cet engin surpuissant réplique de grand frère le 18 pieds Australien. « Un genre de bateau où l’on ne s’ennuie jamais » affirme Manu. Il suffit de les regarder régater pour s’en convaincre. En 49er, les deux équilibres accrochés au harnais planent plus qu’ils ne voguent. Avec la vitesse, les courses sont très courtes et la moindre faute technique ou tactique s’avère fatale. Régulièrement classés aux avant-postes, Yann et Manu comptent bien disputer en Chine cette fameuse Medal Race, une manche réservée aux dix meilleurs du classement. Bien calés en embuscade, les deux garçons discrets, rigoureux et efficaces saisiront « cette chance unique » de rapporter une médaille au CNV d’Aix les Bains et au CN de Sciez leur port d’attache.
|