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\ Course océanique \ The Transat \
Géométrie variable |
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La situation météo a été très défavorable au peloton qui a perdu cent milles en une nuit
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| La porte des glaces n'a pas été facile à franchir et si elle n'a pas trop pénalisé le duo leader, elle a nettement augmenté l'écart pour les deux suivants et surtout pour le peloton qui était toute la nuit bloqué par des calmes. Les conditions de navigation sont désormais très différentes pour les deux groupes et un coup de vent violent est annoncé pour les premiers, mercredi ! |
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Il y a bien longtemps que les continents dérivent, mais à des vitesses qui permettaient aux marins de viser approximativement un point sans qu'il ne bouge sur la carte. Cette fois sur The Artemis Transat, le point de passage a « dérivé » de 300 milles dans le Sud pour éviter les « mines blanches » des icebergs et cette porte des glaces n'a pas fait l'affaire de tout le monde ! Grappiller du Sud a été le leitmotiv des solitaires depuis la longitude du Fastnet et ceux comme Yann Eliès (Generali), qui n'ont pas réussi à glisser à temps vers des latitudes plus méridionales, s'en sont mordus les doigts. Car depuis quatre jours, le Briochin n'a jamais eu l'opportunité de plonger plus au Sud au point d'avoir dû ce mardi matin, tirer un bord à 90° de la route pour franchir cette ligne virtuelle. Le bilan est très lourd pour le quatrième de The Artemis Transat qui a perdu plus de quarante milles en quelques heures !
Pas le même programme
De fait, ce détour transforme cette fin de parcours : d'un quartet potentiellement en lutte pour la victoire, la course semble s'orienter vers un trio avec à la clé, un duel très serré. Vincent Riou (PRB) est en effet de plus en plus en ballottage face à un Loïck Peyron (Gitana Eighty) qui grignote à chaque classement quelques milles par ci, par là ! Treize seulement à 16h ce mardi. alors qu'il y en avait vingt ce matin à 8h ! Un calcul simple démontre qu'il est un nœud plus rapide, ce qui est tout à fait surprenant dans la mesure où les deux bateaux sont des quasi sisterships sur plan Bruce Farr, et que les conditions météorologiques ne peuvent pas être très différentes avec un écart sur l'eau si mince. Le gréement très léger de Gitana Eighty associé à ses « trim tabs », ces volets mobiles à l'arrière de la coque, seraient-ils à l'origine de ce différentiel ? En tous cas, le leader a de quoi s'inquiéter mais quand la question lui a été posée à la vacation radio de ce midi, cela ne semblait pas le perturber plus que de raison.
En fait, Vincent Riou sait que la fin de parcours est loin d'être une simple formalité, quand une molle est annoncée, suivie d'un coup de vent de plus de quarante nœuds, quand une dépression se glisse sous la Nouvelle-écosse et qu'il va falloir raser les cailloux, les plates-formes de forage, éviter les filets et les bateaux de pêche, négocier les plus grandes marées du monde qui se nichent dans la baie de Fundy (jusqu'à quinze mètres d'amplitude, plus que dans la baie du Mont Saint Michel !). Surtout quand il y a eu une pleine lune la veille, donc de gros coefficients. Mais si les deux leaders devront naviguer dans des conditions très similaires, déjà il risque de ne pas en être de même pour Armel Le Cléac'h (Brit Air), soixante milles derrière, et surtout pour Yann Eliès à plus de cent trente milles. Les premiers vont peut-être réussir à éviter le gros du coup de vent de Sud-Ouest annoncé, tandis que les deux suivants vont le prendre en pleine face !
Le grand écart du peloton
Quant aux groupe des poursuivants, avec plus de 300 milles d'écart, la météo n'est plus du tout la même : la petite bulle qui avait ralenti les leaders lundi après-midi, a totalement planté le peloton presque toute la nuit dernière : cent milles perdus en moins d'une demie journée ! Dur, dur. Marc Guillemot (Safran) a certes dû gérer un problème de génois, mais cela n'explique pas un tel différentiel. D'ailleurs Samantha Davies (Roxy) comme Yannick Bestaven (Cervin EnR), Arnaud Boissières (Akena Vérandas), Dee Caffari (Aviva) et Steve White (Spirit of Weymouth) sont désormais relégués à plus d'une journée du leader.
Et la météo annoncée ne risque pas de changer la donne dans les heures à venir. Même si le coup de vent sera moins violent pour les poursuivants, il devrait être suffisamment bref pour ne pas trop modifier la hiérarchie. La bagarre reste toutefois intense dans ce groupe qui reste compact depuis plusieurs jours avec des géométries variables selon les choix de glisser au Sud ou de monter au Nord. Seule Sam Davies reste systématiquement proche de la route directe comme elle le confirmait à la vacation radio : « comme je ne sais pas trop ce qui va se passer dans les jours à venir, je préfère rester sur une route la plus directe possible : je suis l'orthodromie ». La porte des glaces est leur prochain objectif : le peloton devrait l'atteindre demain mercredi en milieu de journée.
Commentaires de mer
Marc Guillemot (Safran) ce mardi midi
« Il y a des bords à tirer et la route n'est pas très droite pour aller chercher la porte des glaces. Ce n'est pas simple ! Physiquement, ça allait mieux mais cette nuit, quand le vent est monté, j'étais sous trinquette et un ris, mais le foc solent s'est déroulé. Il a fallu que je l'affale, il est tombé dans l'eau, j'ai dû arrêter le bateau : la complète ! J'ai mis une bonne heure et demie pour le récupérer. J'étais tellement fatigué après que je me suis écroulé : je n'avais plus d'énergie. »
Vincent Riou (PRB) ce mardi midi
« Je suis au reaching contre le courant, ce qui pose le plus de problème. Le Gulf Stream, on va l'avoir contre nous jusqu'à l'arrivée : il n'y a rien à faire. C'est un peu le yo-yo au niveau des écarts, à cause des molles et des bascules de vent. La course est belle mais il va falloir rester vigilant jusqu'à Boston ! C'est loin d'être fini et les écarts sont infimes. Rien n'est clair devant, en plus. Nous allons longer les côtes de la Nouvelle-écosse : il semble favorable d'arriver par le Nord de Boston. Mais ce n'est pas encore acquis. Il va falloir faire de la navigation côtière : cela va nous faire faire du tourisme. Mais il y a des courants énormes : la baie de Fundy a les plus grandes marées du monde ! J'aime bien avoir la pression derrière : ça évite de s'ennuyer. C'est une situation qui me convient très bien. »
Armel Le Cléac'h (Brit Air) ce mardi matin
« J'ai passé la porte des glaces vers 1h française : il a fallu que je vire de bord pendant un mille et demi ! Maintenant, c'est du près bâbord amure avec 25 nœuds et de la mer formée, comme une transat anglaise. Trinquette et deux ris dans la grand voile ! Ca marche bien et le ciel s'est dégagé. Je suis au milieu d'un banc de baleines et j'en ai une sous mon vent, un peu trop près à mon goût. Ce serait dommage d'avoir la même malchance que Michel ! Mais c'est leur royaume. Il y a du monde sous l'eau. J'essaye de bien m'alimenter parce que la fin de parcours va être agitée : on va prendre le plus fort du vent de cette transat, une sorte de col comme en vélo ! La stratégie n'est pas évidente mais on risque de jouer près des côtes américaines en se terminant ambiance Figaro. On va déjà passer la journée de mercredi et on verra après. A l'échelle de la course, on n'est pas loin des marées les plus fortes du monde. Et on ne connaît pas tous très bien ces coins-là. Je suis preneur ! La position de chasseur me va bien.mais ça va être dur. Attendons toutefois d'avoir passé le coup de vent avec plus de quarante nœuds en rafale. »
Yann Eliès (Generali) ce mardi midi
« Je n'ai pas vu de glaces à la porte ! Et oui : il a fallu que je fasse un bord à plus de 90° de la route. Je vais faire route vers Boston ensuite : c'est obligatoire et les trois premiers me mettent encore plus en retard. Ce n'est pas la fête. On va prendre un coup de vent, suivi d'un coup de calme : il va y avoir du sport ! Des manœuvres en approche des côtes américaines. J'espère revenir sur Armel, parce que je pense que les deux premiers sont devenus inaccessibles. »
Loïck Peyron (Gitana Eighty) ce mardi matin
« La porte des glaces a été compliquée à passer. J'ai voulu jouer un peu avec le feu en faisant une route tangentielle avec la porte. Et finalement j'ai été obligé de faire un virement et de perdre un peu de temps. Maintenant, je suis au reaching dans 20-25 nœuds de vent. Ça glisse fort. Pour la suite de la course vers Boston ? Pas facile de faire des coups vues les hypothèses météos que l'on reçoit. Ça reste compliqué. Pour affronter le vent fort, il faut préparer les voiles et ranger les bouts, qui avec les paquets de mer peuvent être arrachés en dehors du bord. On se refait le scénario des changements de voile pour optimiser. Il faut réfléchir au moment opportun pour faire tout cela. Et puis se reposer en prévision des moments où il faudra veiller et se démener pour manœuvrer. »
Dee Caffari (Aviva) ce mardi midi
« En ce moment, toute mon attention est portée sur la porte des glaces que nous essayons d'atteindre. Les leaders ont déjà passé cet obstacle et se battent vers la ligne d'arrivée. On dirait que peu importe d'où on arrive de l'Atlantique, l'Amérique ne se rapproche jamais. Après la porte des glaces, il y a un dernier rush pour les derniers 1 000 milles jusqu'à l'arrivée. Cette zone est réputée pour le brouillard, les cargos, la pêche et des conditions de mer atroces à cause de la topographie variable dans cette zone. Alors pendant que c'est possible et que nous avons une navigation plutôt droite et facile, je dois en profiter pour bien me reposer. Lundi, malgré des petits airs en fin de journée, la navigation a été super dans le soleil et les vagues qui se dispersaient en laissant une houle beaucoup plus confortable. On nous a annoncé un autre abandon aujourd'hui, celui d'Unai Basurko. C'est triste de le voir arrêter de courir et il me laisse bien seule en queue de peloton, alors j'ai dit à Aviva qu'on ferait bien d'aller rejoindre les autres. »
Classement du mardi 20 mai à 16h00 (heure française)
1- Vincent Riou (PRB) à 840,5milles de l'arrivée
2- Loïck Peyron (Gitana Eighty) à 13 milles du premier
3- Armel Le Cléac'h (Brit Air) à 60 milles
4- Yann Eliès (Generali) à 137 milles
5- Marc Guillemot (Safran) à 324 milles
6- Samantha Davies (Roxy) à 358 milles
7- Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à 372 milles
8- Yannick Bestaven (Cervin EnR) à 372 milles
9- Dee Caffari (Aviva) à 419 milles
10- Steve White (Spirit of Weymouth) à 527 milles
Abandon- Unai Basurko (Pakea Biskaia 2009)
Abandon- Sébastien Josse (BT)
Abandon- Michel Desjoyeaux (Foncia)
Coup de vent en vue
Vers 15h UTC ce mardi, une zone de vents faibles s'est mise en place par 42°N-55°W, soit dans l'Ouest de la porte des glaces : elle se décale vers l'Est, vers le peloton... Progressivement, une dorsale se forme en déplacement vers l'Est et que l'on retrouve sur le 48°W le mercredi 21 mai à 06h UTC. Après 15h UTC, une dépression se creuse rapidement par 37°N-76°W, sous la Nouvelle-écosse. Elle se déplace très rapidement vers Terre-Neuve avec des vents forts de Sud à Sud-Ouest qui lèvent une mer forte à très forte. Elle se comble en fin de période.
Il en résulte qu'à l'Ouest du 50°W, le vent de Sud-Ouest 17/22 nœuds mollit en virant Ouest puis retourne Sud-Ouest 14/17 nœuds vers 00h UTC le 21 mai. La brise se renforce à nouveau de Sud puis Sud à Sud-Ouest 30/35 nœuds, temporairement 35/40 nœuds avec rafales à 45/50 nœuds et pluies en fin d'échéance.A l'Est du 50°W (porte des glaces), le vent de Sud-Ouest 14/17 nœuds atteint passagèrement 17/22 nœuds avec rafales à 25/30 nœuds puis mollit vers 00h UTC en virant Nord-Ouest 10/12 nœuds et localement variable faible. Vents variables faibles à proximité de la cellule mentionnée plus haut. La mer sera forte à très forte par houle de secteur Sud-Ouest.
Ensuite mercredi dans la journée, un flux rapide de Sud-Ouest mollissant à l'Ouest du 60°W le 21 après 12h UTC. Le flux de Sud-Ouest reste fort jusqu'au 52°W. Une zone de vent variable faible se forme située par 40°N-64°W le 22 mai à 00h UTC avec une mer forte.
Passage de la porte des glaces
Vincent Riou (PRB) a franchi la porte des glaces lundi à 22h (heure française) sur la longitude 47°41W avant de remonter vers le Nord-Ouest à plus de douze nœuds. Loïck Peyron (Gitana Eighty) a coupé cette ligne virtuelle mardi à 0h45 (heure française) sur la longitude 48°W, donc plus à l'Ouest que le leader. Quant à Armel Le Cléac'h (Brit Air), il est passé mardi à 1h15 (heure française) sur le 47°21W. Yann Eliès (Generali) est le quatrième solitaire à avoir franchi la porte des glaces ce mardi par 48°32W à 11h52 française, après avoir été obligé de piquer plein Sud pour l'atteindre, perdant ainsi de nombreux milles sur les trois leaders.
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Source : OC Events |
20-05-2008 > Communiqué de presse
Adonnante.com |
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