Mordu de régate
A bord de Quatre Chemins VI, un voilier de 12 m, Xavier de Cuberville a embarqué son fils de 13 ans, Lucien. Alors que le fiston s’enthousiasme à l’idée de prendre part à « une vraie course », le père assure être présent pour le plaisir d’une randonnée nautique autour de Belle-Ile. Pourtant Xavier est mordu de régate et il ne tarde pas à se révéler quand il imagine un départ « chaud » sous spinnaker et qu’il laisse glisser l’article que la presse spécialisée a consacré aux secrets de navigation de la baie de Quiberon.
Ambiance familiale
L’ambiance sera famiale aussi à bord de Heolix, le voilier de Nicolas Barnaud, un habitué des entraînements d’hiver trinitains et du Spi Ouest-France, la régate qui sonne le début de la saison vélique à Pâques. « Ne pas tourner autour de trois bouées, c’est génial ! On part pour 45 milles et on ne sait pas quand on rentre puisque ça dépendra du vent. S’il y en a assez et qu’on avance à cinq nœuds, on mettra neuf heures. C’est comme une mini course-croisière. » Un programme qui a tout pour plaire à Laurène, la fille de Nicolas : « Je vais en profiter car je suis à l’avant et d’habitude je fais beaucoup de manœuvres. Là, je vais être tranquille ! »
A en juger de leurs vêtements bariolés, ce premier Tour de Belle-Ile a attiré beaucoup de mangeurs d’écoute et d’amateurs de courses à la voile. Leurs t-shirts, leurs casquettes, leurs vestes polaires évoquent le Vendée Globe, le tour de France à la voile, les courses étudiantes et bien sûr le Spi Ouest-France. Même si de l’autre côté de la Manche, une vingtaine de solitaires s’élancent à travers l’Atlantique pour la transat anglaise, on sent bien que La Trinité-sur-Mer n’a pas volé sa réputation de Mecque de la voile… en France. Car outre-Manche, on ne parle que de Cowes. « L’idée de ce tour de Belle-Ile est né de ma participation au tour de l’île de Wight, il y a plusieurs années, » reconnaît avec plaisir Romain Pilliard, l’organisateur qui apprécie ce sympathique rassemblement des bateaux du sud de l’Angleterre.
Le tour de Belle-Ile – comme celui de Wight – attire les petits croiseurs familiaux et les bateaux de course, « bouffeurs de milles ». On reconnaîtra ainsi la silhouette du trimaran de 50 pieds (15,50 m) d’Anne Caseneuve ; la skippeuse ne compte pas moins de 27 transatlantiques à son compteur. Sur une seule coque, il y aura de la glisse – si Eole le permet ! – à bord des Class 40 de Marc Lepesqueux et Patrice Carpentier, deux coureurs d’océan. Venu de Locmiquélic, on attend aussi le prolixe Jimmy Pahun qui naviguera sur un Mini 6,50.
|