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\ Figaro 2 \ Transat AG2R \
Tout est affaire de pression |
| © MOCHET Marcel / AFP |
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| Le dénouement s'approche… Et plus la ligne d'arrivée devient perceptible, plus il est question de pression. Gradient de pression que sont venus chercher les quelques extrémistes partis les plus au sud, car qui dit pression dit vent soutenu… Pression de la course qui commence à peser sur les quatre leaders, ou demi-pression qui fait rêver ceux qui n'ont plus rien à prouver dans ce jeu de qui-perd-gagne de cette édition 2008 de la Transat AG2R. |
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Trophée AG2R de la Performance solidaire du 9 mai : AXA Atout cœur pour Aides (Erik Nigon & Cédric Pouligny) avec 264,1 milles en 24 heures.
Cachotteries, digressions et bouche cousue : tel est le menu de cette fin de course pour les concurrents encore en lice pour la victoire finale à Saint-Barthélemy. Alors que la fièvre monte à Gustavia, avec le classement aux avant-postes des deux compères de Concarneau Saint-Barth, sur l'eau la guerre psychologique a commencé. Les plus prolixes découvrent les vertus de la discrétion et les plus roublards trouvent tous les artifices possibles pour ne pas dévoiler leurs cartes. Eric Péron, après avoir vu sa place de leader menacée un temps la nuit dernière, l'avouait tout de go : «Qui sont nos adversaires ? C'est une question délicate car je ne veux pas vous dire ma stratégie comme ça de butte en blanc mais je pense que SNEF a un petit avantage. Nous, on se dit que, quoi qu'il arrive, on a rempli nos objectifs et tout ce qu'il arrivera en plus ce sera du bonus ; donc on fait de notre mieux et on est très décontracté. On verra ce qu'il va se passer. » Mais la voix ne trompe pas, la décontraction n'est qu'apparente : le duo sait qu'il est en tête de course, il ne tient pas à lâcher… Forcément, la pression monte. Autre tempérament, autre stratégie à bord de Cercle Vert : Jean Le Cam décidait de se la jouer blagueur à la vacation, inversant les rôles, posant les questions à ses interlocuteurs du PC Presse : comment était-on installé ? Quel temps faisait-il ? Et mille autres futilités pour éviter d'aborder les sujets qui fâchent, essentiels. Seule l'information lâchée en fin de vacation : « on barre en permanence, pas de pilote, pas de répit pour les bras », témoignait de la détermination des deux Finistériens. Chez les Sudistes de Solar Inox et de SNEF et Cliptol Sport, engagés dans la même partie de bras de fer, on avait choisi le silence radio : autres moyens, mêmes effets.
Avec le temps, va…On imagine aisément que la musique est d'une autre nature chez les rescapés de la route nord. Erwan Tabarly le reconnaissait volontiers : « Il ne nous reste plus qu'à apprécier les derniers milles en mer et continuer de faire avancer le bateau. On est toujours en course mais tactiquement, comme les autres sont devant, on n'a plus grand-chose à faire. On prend les alizés comme tout le monde. » Ce que semblait confirmer Jean-Charles Monnet à bord de Dégremont Suez Source de talents. Les méridionaux de la route nord se disent qu'il y a encore à faire pour essayer de gratter sur la ligne le tandem de Financo, qui reste la référence de ce groupe : « On est au portant, mais rarement sur la route directe ; donc on tire des bords ; donc on perd un peu de temps. La moindre erreur se paie, la présence de Financo derrière motive ».
Pour tromper le temps qui passe, on commence à évoquer l'avenir, on se remémore déjà les meilleurs instants, on imagine, suivant les tempéraments, la saveur du ti-punch qui célèbrera le passage de la ligne, voire du verre de jus de fruit ou de la bière fraiche. Là aussi la pression monte… Une autre manière de se consoler est toujours de se dire qu'il en est de plus malheureux. Et l'ensemble des concurrents de compatir au sort des derniers irréductibles nordistes englués sans vent à 160 milles de la tête de flotte. Pour eux, l'issue est encore plus incertaine : la tentation du renoncement est d'autant plus dure à vivre qu'on n'a encore jamais vu de skipper débarquer en pleine mer en disant : « ça suffit ! » Quand certains s'apprêteront à goûter les premières gorgées du pot de l'arrivée, d'autres risquent de boire le calice jusqu'à la lie…
Ils ont dit :
DEGREMONT SUEZ SOURCE DE TALENTS – Jean-Charles Monnet – 9ème au classement de 17h
« Malgré le classement qui chute, ça va plutôt pas mal, le moral est encore là. C'est nous parmi les nordistes qui allons nous en sortir le mieux car on était plus sud à la base et ça nous a permis d'éviter la molle. C'est vrai que nous avons eu une petite baisse de régime on va essayer de sauver les meubles. Il reste encore cinq jours de course, on est toujours à fond, peut être même encore plus à fond ! On a eu du près pendant une semaine, des zones de transition à passer, donc beaucoup d'efforts pas forcément récompensés… C'est la première fois dans l'AG2R qu'Alexandre prend la route nord, et je pense que ça sera l'une des Transat les plus compliquées pour lui….
On va arriver vers le 14 en fin d'après-midi heure française mais ça peut être plus tard car il y a souvent moins de vent que prévu. On est au portant mais rarement sur la route directe donc on tire des bords donc on perd un peu de temps. La moindre erreur se paie donc la présence de Financo derrière motive. Pour ceux du Nord comme Atlantik FT et Celeos c'est vraiment dur, je les plains.»
ATHEMA – Erwan Tabarly – 17ème au classement de 17h« Vous êtes à St Barth ? Profitez-en on n'est pas arrivé! (rires) La route du Nord est finie, elle est bouchée. On essaie donc de rattraper le wagon du sud depuis quelques jours mais on passe derrière les autres… La route du Nord n'offrait aucune sortie car une dépression ramène de la molle en dessous. Mais on commence à s'en extirper.
On va essayer de rattraper les derniers wagons car les premiers sont déjà devant ! Moi actuellement je n'ai que 6 nœuds de vent, donc tu vois, c'est encore dur pour nous. On devrait normalement avoir 10/12 nœuds cet après-midi. La plupart vont passer devant. Peut être sera-t-on au contact avec quelques bateaux mais bon, j'en doute… Il ne nous reste plus qu'à apprécier les derniers milles en mer et continuer de faire avancer le bateau. On est toujours en course mais tactiquement comme les autres sont devant on n'a plus grand-chose à faire. On prend les alizés comme tout le monde.
On a encore essayé de jouer quelque chose il y a deux jours avec Défi Mousquetaires. Nous sommes partis un peu dans l'Ouest mais avec un vent d'Est faible ce n'est pas facile d'y aller, donc au bout d'un moment on a admis qu'il n'y avait plus d'espoir et qu'il fallait aller vers le sud et croiser derrière.
Maintenant notre objectif est de ne pas arriver trop longtemps derrière. »
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Source : Régis Lerat |
11-05-2008 > Communiqué de presse
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