L’ année suivante, elle termine de nouveau dauphine du vainqueur à bord, cette fois, de Warpath. Armé jusqu’aux dents, le team Quantum Racing fait son retour en 2008 avec la sérieuse ambition de monter sur la plus haute marche du podium de l’Audi MedCup.
Terry Hutchinson, ex-tacticien de Warparth - de Steve et Fred Howe - en 2006, devient skipper mais aussi barreur du nouveau plan Botin & Carkeek, actuellement en finitions au chantier Longitude 0 de Chimo Lopez, à Burriano, près de Castellon (le même chantier où ont été construits Caixa Galicia et l’ancien Mutua Madrilena).
Un nouveau-né en Espagne
Comme il l’a déjà fait avec Warpath et Lexus, Ed Reynolds, le Président de Quantum, a d’abord supervisé l’ensemble du projet durant la construction et enfile désormais le costume de coach et de manager pour les régates. « Longitude 0 a réalisé un travail exceptionnel. Je pense qu’ils n’auront qu’une quinzaine de jours de retard sur le planning initial, ce qui arrive et ne nous empêche pas de dormir, » souligne-t-il. « Nous avons choisi de construire le bateau en Espagne pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Botin & Carkeek avaient déjà une longue expérience avec ce chantier. Ensuite, avec l’Euro, cela coûtait moins cher de se procurer un moule femelle déjà existant et d’y réaliser le bateau que de faire appel à des chantiers néo-zélandais ou américains, ce qui me surprend encore aujourd’hui, ». Il ajoute : « C’est la troisième fois que nous travaillons ainsi, depuis les Etats-Unis. Vous pouvez maintenant tout contrôler de l’autre bout du monde. Le principal gain que nous avons fait est celui du transport ; une étape que nous souhaitions vraiment éviter. »
Le nouveau bateau sera prêt mi-avril. Reynolds nous explique à quel point cette nouvelle génération de Botin & Carkeek sera différente de la précédente. « Je pense que ce dessin marquera un réel tournant. Le concept du bateau est celui d’une machine beaucoup plus puissante, plus fine et avec moins de surface mouillée à l’arrière. C’est un peu la grosse cylindrée des TP52. »
« Les options retenues sont en grande partie issues d’un co-développement avec CFD, un programme de calcul de structure qui nous a aidés dans le choix des formes et apporte une réelle valeur ajoutée à notre design. Ces outils permettent de valider les orientations à un très haut niveau de performances. Généralement, vous entérinez votre travail non pas sur un seul client mais sur plusieurs acheteurs. Et bien ici nous avons impliqué beaucoup de monde dans ce programme et nous avons aussi pu atteindre ce niveau de réflexion grâce à des consultants extérieurs, des constructeurs comme des marins, qui ont réfléchi sur les interactions entre les designers et les utilisateurs. Ils se sont entre autres interrogés sur la manière d’optimiser la communication ou les processus mis en œuvre. »
Un groupe solide autour de Terry Hutchinson
L’équipage du Quantum Racing est réuni autour d’un noyau dur d’anciens de Warpath, Windquest et Quantum Racing 2005 : « Notre équipage est intéressant. Ce n’est pas une association de « stars » mais si vous prenez les parcours de chacun, vous verrez que c’est une équipe compétente et très solide techniquement. Plutôt que d’acheter des compétences nous préférons rechercher la meilleure combinaison possible à l’intérieur du groupe. »
Terry Hutchinson dirige cet équipage et est également barreur. « C’est une réelle opportunité pour Terry qui est reconnu comme excellent tacticien depuis 10 ans mais est aussi l’un des meilleurs barreurs que je connaisse, » se targue Reynolds. Morgan Larson est tacticien, Ian Moore, navigateur, Jeremy Lomas (ex-Emirates Team New Zealand), numéro 1, Gred Gendell (ex-Warpath), équipier d’avant et Chris Kam est associé à Jim Cannon pour la soute. Tom Burnham (ex-Luna Rossa) manœuvre dans le cockpit avec Morgan Trubovich (ex-BMW Oracle) et Dave Armitage (chef designer chez Quantum et ancien de Warpath et Lexus Quantum ) ainsi que Skip Baxter (ex-Artemis - vainqueur en 2007) à la grand voile et Sean Clarkson aux bastaques. Ce dernier a d’ailleurs effectué un travail remarquable sur le gréement, les voiles, et leurs interactions, ainsi que sur les bénéfices du programme TP52 pour les clients et le développement de Quantum.
L’équipe vise un total de 85 jours de navigations en Europe. Avec les nombreux allers-retours vers les Etats-Unis et des marins venus également de Nouvelle-Zélande, la capacité des équipiers à arriver frais et en bonne forme pour régater sera d’autant plus importante. Reynolds ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur celle de Terry Hutchinson : « Je pense que depuis l’America’s Cup, il a gagné 11 des 12 régates qu’il a courues. Il fait vraiment partie de cette poignée de marins qui apportent à bord d’un bateau une intensité et une envie de gagner incroyables et qui y sont préparés comme personne. Il existe beaucoup de bons tacticiens et beaucoup de marins capables de faire avancer vite n’importe quel support mais Terry allie ces deux qualités. »
Le bateau sera mis à l’eau pour 10 jours d’entraînements entre mi et fin avril ; le noyau dur de l’équipage arrivant, lui, début mai. « Nous atterrirons par vagues en Europe puisque nous avons presque tous des engagements en Farr 40. Un premier équipage assurera donc les entraînements et je sais, par expérience, qu’à ce stade vous gaspillez des jours de navigations, juste pour vous assurer que tout fonctionne bien et pour casser ce qui doit l’être. Après le Farr 40, nous pourrons prendre le bateau en mains afin de l’optimiser, » confie-t-il, avant de revenir sur son rôle de coordination. « Tout le monde m’appelle « coach » mais, sur ce type de projet, je suis plus un manager avec de multiples casquettes. Nous en rions d’ailleurs souvent avec Terry lorsque je lui dis que « si je devais monter à bord pour lui dire ce qui ne va pas, là, nous aurions un vrai problème ! » »
Un défi industriel
« Je ne sais pas quelle influence cela a sur le "business" d'être l'un des projets leaders du circuit TP52, mais croyez-moi, notre but est de fournir 30% de la flotte et nous en sommes capables. Seulement, avant de nous lancer à corps perdu dans ce challenge, nous voulons nous assurer que nous avons le meilleur programme industriel. Nous sommes totalement dédiés à ces enjeux qui constituent réellement un grand challenge pour nous. »
Sur les six épreuves du circuit Audi MedCup 2008, les équipes n’ont plus la possibilité d’annuler leurs plus mauvais résultats, un nouveau paramètre qui s’avèrera intéressant au fil de la saison, comme Reynolds nous l’explique: « Cela sera terriblement compliqué pour nous de bien planifier nos productions. Les commandes de voiles vont affluer jusqu’à la fin de la saison et cette MedCup se jouera – comme par le passé – sur la capacité des équipes à mener la meilleure stratégie en fonction de la météo. Par conséquent, le choix des voiles sera plus crucial que jamais. »
L’annonce tardive des sites des épreuves n’affecte pas le processus actuel mené sur le design des voiles : « Ne pas connaître le lieu des régates n’est pas tellement contraignant pour le développement des voiles car nous pouvons nous adapter assez vite. Les paramètres dont vous avez le plus besoin sont clairement définis à ce stade. La vitesse des concurrents devient de plus en plus proches et l’on frôle même la monotypie. Un phénomène que nous observons dans le design général des bateaux et qui s’applique aussi aujourd’hui à la forme des voiles. Ne pas savoir où se déroulent les régates est plutôt un cauchemar d’un point de vue de la logistique au départ des Etats-Unis. »
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