3 500 marins, 304 voiliers modernes et classiques, jusqu’à 6 manches validées selon les classes, d’innombrables souvenirs de rencontres, d’images venues de nulle part et d’amitiés nautiques. La fête, le spectacle, la compétition, le rêve ont une fois encore été les ingrédients d’un événement unique, porté par un site d’exception et par la passion d’organisateurs et de propriétaires motivés. J one triomphe chez les Wally, Morning Glory confirme sa belle saison en catégorie moderne, et Eleonora aux mains de Philippe Lechevalier a retrouvé sa superbe et ses ambitions. Le bel été peut mourir, les grands voiliers entrer en hiver, et les belles images nourrir les rêves des amoureux des beaux bateaux qui vont sur l’eau…
Un Wally 80 en tête d’affiche : J One
Une fois encore, les étonnantes machines futuristes que sont les Wally ont eut les faveurs du public, tant sur le plan d’eau qu’à l’intérieur du Vieux Port de Saint-Tropez où leurs équipements high-tech et leurs lignes épurées ont fait sensation. Si Luca Bassani, instigateur du concept et Président Directeur Général de Wally, avait dominé le débat en début de semaine sur Tango - une immense coque d’un noir profond juste marquée d’une rose rouge sur le tableau arrière - c’est finalement J One, à JC Decaux qui termine à égalité de points et décroche le titre convoité de vainqueur en Wally. Premier de la troisième régate et terminant à un point seulement, le tout nouveau Y3K complète le podium dans la série. Une fort belle performance pour ce yacht récemment sorti de chantier et qui faisait aux Voiles sa toute première apparition sur le plan d’eau tropézien. Il est à noter que pour la première fois cette année, les Wally avaient un départ distinct des autres catégories – grâce à un comité de course dédié -, devant Pampelonne, et des parcours spécifiques.
Modernes : Morning Glory, la gloire de Plattner
Dire que Morning Glory, à Hasso Plattner, a régné sans partage dans sa catégorie des « grand » IRC A de la 9ème édition des Voiles est à peine exagéré. Avec deux victoires de manche et deux podiums, le grand Maxi yacht laisse son principal adversaire, Rambler, à un point classement général. Titan 12, le plan Reichel-Pugh et son équipage inspiré par Peter Isler, du défi américain BMW Oracle Racing monte sur la 3ème marche d’un podium sans surprise tant ces géants surtoilés ont plané sur le plan d’eau tropézien, quel que soit le régime de vent. Ils peuvent tous s’enorgueillir d’avoir tenu la dragée haute à Ranger – avec à bord Brad Butterworth - et Velsheda, les deux immenses Classe J.
Dans les autres classes IRC, la lutte a également été sévère. Leonardo Ferragamo, 4ème à bord de son Swan 601 Cuordileone, voit le titre décroché par son Swan 42 du même nom en tête du groupe B et peut être fier que son « petit Swan » ait réussi à tenir à bout de gaffe son principal rival Rambler, l’ex-Alpha Romeo, dans l’équipage duquel figurait également quelques valeurs sures des dernières éditions de l’America’s Cup. En groupe C, Stéphane Neve réussi un magnifique sans faute avec son A40 Spirit of Malouen V en remportant toutes les manches, alors que c’est le First 40.7 Sayann 2 de Cyril Baillie qui inscrit son nom sur la première ligne du groupe D, le groupe le plus nombreux avec 43 inscrits. La victoire du groupe E revient au Dufour 34 Flawless IV appartenant à Philippe Cospain.
Classiques : Eleonora l’emporte
La réplique de la grande goélette signée Herreshoff a trouvé en Philippe Lechevalier un capitaine capable de débrider ses nombreux chevaux. Les conditions très variées rencontrées cette semaine sous les murs de Saint-Tropez ont vu plusieurs leaders. Tuiga, vainqueur mercredi, puis la très élégante goélette aurique Altaïr, qui l’a emporté hier, n’ont pas pu détrôner Eleonora qui sort vainqueur de cette lutte à grand spectacle, qui s’est clôturée hier en apothéose, dans le vent et le soleil. Lulworth et Moonbeam IV les deux grands cotres auriques se sont livrés un duel somptueux, qui tournait à l’avantage du Fife rapide, travers au vent, lors du final vers Saint-Tropez et la tour du Portalet.
Dans les autres groupes auriques, Nan of Fife à Philippe Menhinick l’emporte en B alors que c’est Bona Fide à Guiseppe Jiordano qui domine en C.
Chez les yachts d’époque à gréement Marconi, Agneta, Safir, Havsörnen et Windhover sont les respectifs vainqueurs 2007 en groupe A, B, C et D, alors que les Classiques voient couronner Galvana et Sagittarius.
Esprit Tofinou
Chez les Esprits de Tradition, la vedette revenait cette année à la classe de Tofinou, ces petits day boats aux lignes élégantes et rétro. On n’est décidément jamais mieux servi que par soi-même ; l’architecte Philippe Joubert du cabinet Joubert/Nivelt, instrumental dans la mise au goût du jour du Tofinou, a failli remporter cette semaine tropézienne où pas moins de15 unités ont rivalisé d’élégance au milieu des grands yachts classiques. Philippe Joubert place son Classic Attitude juste derrière Bellerophon et devance Azure à l’anglais John Kelly.
Equipé en standard d’un mât carbone, d’une quille amovible et d’un petit moteur de 14 cv, le Tofinou est un petit yacht très rapide, très bon à la mer et facile à barrer. Grâce à sa profonde quille prolongée d’un bulbe, le Tofinou est raide et très sensible à la barre, offrant toutes les sensations d’un grand yacht. L’aménagement intérieur est très simple, fonctionnel et facile d’entretien.
A noter que c’est Finsco à Willi Balz qui l’emporte dans l’autre groupe des Esprit de Tradition.
12 m JI : Kookaburra 2 vainqueur, Challenge 12 sauve sa saison
« Ce fut une saison calamiteuse pour Challenge Twelve » raconte son skipper William Borel. « Nous démâtons à Valence dès le début de la saison et nous avons couru après les résultats toute l’année. Mais heureusement notre seconde place ici à Saint-Tropez nous permet de remporter le championnat de Méditerranée. Cette semaine tropézienne a cependant été passionnante même si nous avons encore connu quelques déboires, avec notamment la perte d’un équipier aujourd’hui tombé à l’eau deux minutes avant le départ. Nous l’avons récupéré à temps pour « sortir » Valiant et Courageous. Le niveau de compétition est simplement impressionnant, avec par exemple Philippe Presti à la barre de Kookabura 2, vainqueur ici à Saint-Tropez. Les régates n’en sont que plus passionnantes. »
En bref :
Vus sur ponts et pontons…Skippers et navigateurs issus de toutes les composantes de la voile sportive, régatière ou hauturière affluent chaque année à Saint-Tropez. Ont ainsi été aperçu cette semaine…
Alexia Barrier, William Borel, Brad Butterworth, Christine Briand, Dennis Conner, Eric Dumont, Jeff D’Etiveaud, Charles Dunstone, Alain Fédensieu, Peter Isler, Murray Jones, Halvard Mabire, Philippe Monnet, Jean-Paul Mouren, Marc Pajot, Lionel Péan, Philippe Presti, James Spithill, Bruno Troublé, Marc Thiercelin, …
Ils ont dit…
André Beaufils, Président de la société nautique de Saint-Tropez : « la satisfaction des marins.. »
C’est à chaud qu’André Beaufils, toujours mesuré et circonspect, jette un regard sur une semaine intense de courses et de festivités : « Mon critère de satisfaction est l’indice de plaisir affiché par les marins, les skippers et les propriétaires. Je dois dire qu’aujourd’hui, cet indice frôle les 100% et je ne peux que remercier et féliciter toutes les équipes d’organisation qui nous ont permis d’accueillir cette année un nombre record de bateaux, plus de 300, et ce malgré l’exiguïté du site. La météo nous a offert quelques superbes journées, notamment en fin de semaine, avec du vent et majoritairement sous le soleil. Les Comités de course ont ainsi pu valider tant en Moderne qu’en Tradition 4 courses. A terre, la journée de jeudi, avec le carnaval des équipages et la grande soirée à la Ponche a été un énorme succès populaire, bien dans l’esprit des Voiles. Les inscriptions pour 2008 sont d’ores et déjà ouvertes et les propriétaires ne perdent pas un instant pour nous assurer de leur participation à ce qui constituera la 10ème édition des Voiles ! »
Halvard Mabire (Wally Dark Shadow) : « Les wally ont un système de rating étonnant ! »
« La Semaine de Saint Tropez est pour moi source d’émerveillement et d’enseignements. Il y a toujours quelque chose à apprendre ici. Mes coups de cœur vont à Marigold, restauré dans l’esprit du yachting, et à Mooonbeam III que j’ai vu enfant à l’abandon à Cherbourg. Question régate, Dark Shadow est un peu lourd pour les conditions légères que nous avons connues cette semaine. Mais l’équipage, à base de Suédois et d’Australiens est très performant et nous avons dans l’ensemble bien navigué. Le rating des Wally reste une chose mystérieuse pour moi. »
Georges Korhel, Directeur de course : « Des changements à venir… »
« Deux très belles journées sont venues couronner une semaine très satisfaisante à notre niveau. Je déplore cependant un nombre élevé d’accrochages, certes minimes, mais qui traduisent bien le relâchement de la vigilance sur l’eau dans le contexte très festif de Saint-Tropez. Je pense en substance que nous arrivons au bout du dispositif d’organisation mis en place il y a quelques années et qui a besoin d’un petit coup de jeune, notamment dans la disposition de nos parcours. Il faudra dès cet hiver mener une réflexion dans ce domaine. Il nous faut continuer à faire preuve de la même souplesse que nous avons montrée pour les Wally, en leur organisant un rond spécifique au sein duquel on a pu à loisir lancer parcours « bananes » ou côtier. Le système d’enregistrement des voiliers par SMS a donné satisfaction et nous allons poursuivre et améliorer l’expérience. »
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