Après un magnifique départ dans l'estuaire de la Loire, la course a té neutralisée à 21h15 hier soir et tous les concurrents se sont abrités entre minuit et 2h ce matin à Port Joinville, le port de l'Ile d'Yeu.
Mardi 15 mai 2007, 3h00. « Ok direction de course, bien reçu et bravo pour cette sage décision ». Les mots sont de Philippe Massu, à 21h30 lundi soir, alors que le directeur de course Bernard Duval vient d'annoncer sa décision : course neutralisée à l'Ile d'Yeu pour cause de tropo mauvais temps. Vainqueur de la dernière Transquadra solo, Philippe Massu en a pourtant vu d'autres. Des coups de tabac et des déferlantes, des « bastons » et des tempêtes. Mais il sait aussi que la Barquera est une course-plaisir, avec des marins éclairé mais aussi des amateurs, mais aussi des petits bateaux. Il sait encore à quel point il est difficile de prendre la décision d'arrêter une course en plein envol. Mais hier soir, la mer était trop grosse pour la très grande majorité des concurrents de La Barquera. Seuls les barreurs les plus aguerris pouvaient encore tenir les machines dans des creux de 3 à 5 mètres, un vent d'ouest (alors qu'on attendait du nord-ouest portant) de 25 à 30 nouds et des rafales à 35.
En un mot, « une mer très casse-bateaux », comme dit Bernard Duval, et une prévision tombée à 20h qui promettait. bien pire : du vent de sud-ouest dans l'axe de la route et une mer « très grosse », plus dure encore que les conditions de la soirée. qui étaient déjà plus que musclées ! Les 30 équipages qui avaient fait le choix de tenter coute que coute cette étape vers Avilès -tout en sachant que l'escale espagnole ne durerait que quelques heures- devaient se rendre à l'évidence. Eux voulaient aller à Avilès, la mer et le vent en ont décidé autrement.
Tous les concurrents à l'abri
Sitôt la douloureuse décision prise, un va-et-vient VHF était mis en place entre les deux bateaux Dufour de la direction de course, pour s'assurer que chaque équipage avait bien reçu l'information et se déroutait effectivement vers Port Joinville, sur l'Ile d'Yeu. En à peine une heure, chaque concurrent était ainsi prévenu et les bateaux commençaient à pouvoir abattre vers l'île vendéenne. Ce n'était pas forcément une partie de plaisir - même si la mer démontée était d'une grande beauté - car barrer au plein vent arrière dans ces déferlantes-là est un exercice pour le moins délicat, d'autant que de multiples petits soucis affectaient alors les voilliers : enrouleurs de voiles d'avant récalcitrants, drisses refusant de descendre du mât etc.
Un des concurrents, Asgo, devait même aller et venir devant l'ile sans pouvoir entrer au port, ne parvenant pas à réamorcer son moteur. avant d'y parvenir enfin et de pouvoir lui aussi se mettre à l'abri ; A 2h30 ce mardi matin, toute la flotte était à l'abri et pouvait commencer à se raconter des histoires de gros temps. Chacun avait une pensée pour les Espagols d'Avilès qui avaient mis les petits plats dans les grands pour accueillir La Barquera. Les concurrents ont fait tout ce qui était possible pour y aller, la mer, le vent et la météo en ont décidé autrement. La sécurité des hommes a primé.
Le directeur de course Bernard Duval réunit tous les skippers demain à 10h pour discuter ensemble de la suite à donner à cette édition 2007 décidément très sportive et engagée.
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