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Dick à bon port |
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Superbe tour du monde de Jean-Pierre Dick malgré une accumulation d'avaries incroyables ! | |
| A 16 heures 51 minutes et 38 secondes (heure française) ce dimanche, Virbac-Paprec skippé par Jean-Pierre Dick a coupé la ligne d’arrivée du Vendée Globe avec un temps de course de 98 jours 03 heures 49 minutes et 38 secondes à la vitesse moyenne théorique sur le parcours de 10,05 nœuds. Jean-Pierre Dick termine à la sixième place avec 10 jours 17 heures et 01 minute de retard sur le vainqueur, Vincent Riou à bord de PRB. |
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Course de Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec) :
Equateur : 11 jours 13h58’ (19/11 à 3h00)
Bonne Espérance : 27 jours 23h58’ (5/12 à 13h00)
Cap Leeuwin : 43 jours 03h08’ (19/12 à16h10)
Cap Horn : 65 jours 21h28’ (12/01 à 10h30)
Equateur : 83 jours 23h43’ (30/01 à 12h45)
Arrivée : 98 jours 03h49’ (13/02 à 16h51), 6e place.
Portrait
A 39 ans, Jean-Pierre Dick vient de réaliser ce pourquoi il bataillait depuis plus de trois ans : le tour du monde, lui ce régatier confirmé et redouté entre trois bouées. Vétérinaire de formation et diplômé d’un troisième cycle d’HEC, Jean-Pierre n’a eu de cesse de batailler pour réaliser ce projet avec une détermination et un pragmatisme à toute épreuve. Il lance la construction d’un 60 pieds Open nouvelle génération signé Farr qu’il fait construire aux antipodes. Il gagne dans la foulée la Transat Jacques Vabre avec son compagnon Nicolas Abiven puis connaît de sérieuses avaries dans le Défi Atlantique avec un démâtage et un retournement dans The Transat au point de le freiner dans son élan sur la route de la qualification. Mais rien n’arrête le Niçois qui va acquérir ses lettres de noblesse de marin de course au large dans la dureté et l’adversité. Et cette détermination sera sa bonne étoile car ce Vendée Globe, il le tient aujourd’hui et il l’a bouclé de la plus belles des manières : dans la lutte et le combat face aux éléments et à lui-même. Rien ne lui a été épargné avec une série impressionnante d’avaries dans cette aventure qu’il boucle aujourd’hui en course et à la sixième place. Chapeau bas !
Chronologie de la course de Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec)
7 novembre / Départ des Sables d'Olonne
C’est parti pour ce tour du monde sans escale et sans assistance. « J’espère une chose : ne pas passer mon temps à bricoler… », lâche-t-il à l’heure de quitter le ponton.
15 novembre / Vit de mulet cassé
Pour bien revenir dans le match, JP doit d’abord en finir avec la réparation du vit de mulet, qui s’est cassé dans un départ à l’abattée (embardée violente par vent arrière) il y a 2 jours. 7è, Virbac-Paprec pointe à 200 milles du premier.
19 novembre / Passage de l'équateur (11 jours 13 heures et 58 minutes)
JP laisse l’hémisphère nord dans son tableau arrière et connaît un Pot au Noir plus salé que d’autres. Objectif : ne pas lâcher le morceau, tandis que l’anticyclone de Sainte-Hélène menace de faire des siennes.
22 novembre / Moteur principal hors d'usage
Le vilebrequin du moteur principal rend l’âme. JP n’est pas inquiet, il peut compter sur sa génératrice pour produire de l’énergie à bord. Le skipper de Virbac-Paprec est plus préoccupé par la situation météo en plein enfer de Sainte-Hélène. Les cartes et modèles laissent planer le risque de diviser la flotte en deux et de claquer la porte au nez au gros de la flotte.
25 novembre / Tempête de pétole
Premier du groupe de chasse, le skipper de Virbac-Paprec est aux premières loges pour voir les leaders prendre la poudre d’escampette aux portes des 40è : « Tempête de pétole à bord ! Je bute dans un anticyclone. Les premiers vont se barrer… Je ne suis pas quelqu’un de zen dans la vie courante, mais le Vendée Globe va m’apprendre à l’être. A ce moment-là et au regard des 1200 milles de retard, j’ai fait le deuil des premières places. C’était très dur psychologiquement ».
5 décembre / Passage du Cap de Bonne Espérance (27 jours 23 heures et 58 minutes)
La génératrice, après le moteur principal, tombe à son tour en panne. Sombre tableau : JP ne peut plus compter que sur ses seuls panneaux solaires pour produire l’énergie du bord alors qu’il entre dans le « pays de l’ombre ». « Je ne peux pas me résigner. Je vais naviguer à l’économie... Ce ne sera pas une partie de plaisir, il va falloir que je me fasse mal », explique-t-il. Depuis ce jour, au large du cap Bonne-Espérance, JP fait contre mauvaise fortune bon sens marin. Aux portes de l’Indien, sa course bascule et prend soudain une toute nouvelle tournure, « elle change de nature »… Place à l’aventure pure et dure !
10 décembre / Pas de radar, attention aux Icebergs !
Froid devant ! Le Grand Méchant Sud se présente sous son visage le plus redouté avec son lot d'icebergs et autres growlers. D’ailleurs Dominique Wavre à bord de Temenos, son plus proche concurrent, vient d’en repérer. « Ce sont les sports d’hiver ici ! » s’inquiète JP, qui faute d’énergie suffisante doit tracer son sillon sans radar. 12 décembre / Vit de mulet cassé et réparé ! Après ses soucis d'énergie qui lui rendent la vie dure, le skipper de Virbac-Paprec doit changer une nouvelle fois son vit de mulet cassé dans 35 nœuds de vent et dans des vagues de 5 mètres. Ce même jour, il sait qu’il va bientôt subir les foudres d'une dépression très creuse.
15 décembre / Système de barre cassé par une déferlante
Mer énorme, des creux de 8 à 9 mètres et des vents de 60 noeuds, voire plus... « C’était vraiment très impressionnant », relate-t-il ensuite. La tempête a laissé des séquelles. De violentes déferlantes ont en effet couché le bateau provoquant une avarie du système de barre : rebelote, JP doit encaisser un coup dur ! A la lutte avec Dominique Wavre, il perd alors un système météo sur ce concurrent.
19 décembre / Passage du cap Leeuwin (42 jours, 3 heures et 08 minutes de course)
Très occupé à réparer son système de safran, JP double le cap Leeuwin.
28 décembre / Icebergs en vue
6è, à 1800 milles du leader, Jean-Pierre a basculé à l’ouest au passage de l’antéméridien. La veille, il a croisé quatre icebergs. Depuis, il veille ! « Je sors souvent et j’essaye de dormir dehors sur le siège… Et tant pis, si ça caille ! Le plus important est de garder un œil toujours ouvert. Je n’ai pas de radar. Prudence, prudence… »
1er janvier / Système de barre réparé
L’année débute bien en plein Pacifique et JP est parvenu à réparer son système de barre.
7 janvier / Bôme cassée
Nouveau retournement de situation. Suite à un empannage, la bôme s'est cassée au niveau du point d'attache du 3e ris. L'accident est intervenu alors que le Virbac-Paprec naviguait dans 35 nœuds de vent de sud-ouest et dans une mer forte, à 1000 milles du cap Horn.
12 janvier / Passage du Cap Horn (65 jours, 21 heures et 28 minutes de course)
« Il y a des moments uniques dans la vie, il faut savoir les attraper. Le passage du cap Horn en est un. Je ne suis pas prêt d’oublier ce rocher que j’ai vu entre les grains (40 à 50 nœuds) et une lumière superbe. Vraiment, je suis très heureux. Peut-être encore plus, compte tenu des galères que j’ai rencontrées et qu’il me reste à surmonter… » C’est la délivrance pour JP, qui vient de parcourir deux océans des plus hostiles avec le souci de bien gérer l’énergie du bord.
16 janvier / Bôme réparée
La bôme de Virbac-Paprec est bel et bien réparée. Les affaires reprennent en Atlantique Sud pour Jean-Pierre, qui a navigué dix jours sans grand voile en gardant sa 6e place !
17 janvier / Grand -voile hissée
JP hisse sa grand voile. Pour ne rien gâcher le soleil brille au-dessus de Virbac-Paprec, qui va pouvoir bénéficier de plus d’énergie. « Il va y avoir des coups à jouer et sans doute des occasions de revenir sur ceux de devant. Jusqu’à maintenant, j’ai dû me contenter de faire le service minimum à la table à cartes, mais à présent, je compte bien m’y plonger plus et j’espère rattraper un peu du temps perdu… »
30 janvier / Passage de l'équateur (83 jours, 23 heures et 43 minutes)
La tête de nouveau à l’endroit ! Virbac-Paprec repasse l’équateur… « Ce n'est pourtant pas fini, il reste du chemin pour boucler mon rêve. Je vais vivre encore de belles heures de régate dans l'Atlantique Nord. »
7 février / Les Açores par l'ouest, belle option !
A une semaine environ de son arrivée, JP aborde l’archipel des Açores et l’anticyclone du même nom. Il prend une option radicale et payante à l’ouest.
11 février / J-2
Dans des conditions dures, JP s’accroche à la barre de son 60 pieds 12 heures par jour en chantant Claude François et Dalida. Il ne ménage pas sa peine mais plutôt sa monture pour boucler son rêve absolu de Tour du Monde.
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Source : Vendée Globe |
13-02-2005 > Communiqué de presse
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