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Alors que les premiers concurrents ont dépassé l'archipel des Açores dans la nuit, la flotte de la Transat Jacques Vabre 2009 panse ses plaies. Au lendemain d'un épisode violent venu balayer les duos et causer certains dégâts lourds de conséquences, la priorité est au check-up des bateaux et à un premier état des lieux.
Les conditions de navigation se font plus maniables, même si les vents restent soutenus en ce samedi et qu'une houle, souvenir des heures passées, vient encore ballotter les machines et les marins. Petit à petit, chacun va reprendre un rythme apaisé et envisager la négociation de l'arc Antillais. Mais d'ici là, un premier suspense sera levé sur le fait de savoir quelle tendance stratégique aura été la plus inspirée. En attendant, chez les Imoca, Marc Guillemot et Charles Caudrelier Bénac sortent de la tempête en tête, de même pour Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux chez les Multi50.
Ouf ! C'est avec un grand soulagement que l'ensemble des acteurs de la neuvième Transat Jacques Vabre a vu la nuit tomber sur la journée d'hier. Après de longues heures dominées par la tempête, une mer déchaînée et des conditions difficilement supportables, ce premier vendredi de la course s'est achevé sur la nouvelle rassurante de l'hélitreuillage de Sébastien Josse et Jean-François Cuzon et de leur retour sur la terre ferme à Terceira aux Açores. Du côté des concurrents encore en mer on a également pu souffler de voir le coup de tabac s'éloigner et leur accorder un répit certes relatif mais Ô combien mérité. Dans une houle résiduelle et toujours marquée, les premiers ont ainsi pu laisser l'archipel portugais dans leur sillage et reprendre une progression moins contrariée vers le Costa Rica. Mais qu'on ne s'y trompe pas, l'ambiance n'est toutefois pas encore complètement au grand confort et aux surfs atlantiques. Pour ces images d'Epinal, il faudra patienter un peu même si le groupe des centristes s'accordait ce matin sur un avenir proche se profilant dans l'ombre d'une complication. La meilleure des intrigues avançant toujours vers un dénouement, celle qui s'est tissée dans les premières heures de course ne devrait pas tarder à livrer son verdict. Ainsi saurons-nous certainement bientôt si la voie du Sud, empruntée par Michel Desjoyeaux et Jérémie Beyou, était finalement celle de la sagesse ou de l'allégresse. A ce stade du jeu, la question reste ouverte et personne de s'en plaindra. Reste qu'à 3 300 milles de l'arrivée à Puerto Limon, la tendance médiane a toujours les honneurs du classement, les hommes de Safran conservant leur leadership devant Mike Golding et Javier Sanso, et Kito de Pavant et François Gabart.
Pas de changement chez les Multi50 dont le chef de file reste le Crêpes Whaou ! de Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux. Au Nord, Lalou Roucayrol et Amaiur Alfaro occupent toujours la deuxième place devant les comparses de Guyader pour Urgence Climatique. En échappant au gros de la tempête à la faveur de son option sudiste, le contingent malouin peut aujourd'hui se réjouir d'être sorti des griffes de la bête sans encombre. Mais la logique devrait l'emporter dans les jours à venir et le sprint vers les Antilles tourner en la faveur du dernier né de la série. Enfin, toujours en escale technique à Vigo, les hommes de Prince de Bretagne devraient faire part de leur décision de repartir ou pas aujourd'hui. Espérons que les finistériens pointeront vite à nouveau leurs étraves dans le match. La tempête est passée, le jeu est définitivement de retour sur la Transat Jacques Vabre 2009.
Ils ont dit…
Charles Caudrelier - Safran – 1er au classement Imoca de 5h
« Ca tape toujours mais c'est tellement moins qu'avant que c'est presque confortable… On est vraiment soulagé maintenant. Mais bon, on est tellement fatigué qu'on continue à de se prendre de bonnes gamelles ! C'était très stressant cette phase sur le bateau. Sincèrement j'avais rarement vu une mer aussi démontée. Si c'était à refaire je ne repasserai pas par là.
Cette nuit nous avons hésité à renvoyer de la toile mais on a bien fait d'attendre. Là on en a renvoyé un peu, et c'est beaucoup mieux, c'est vraiment différent depuis 3 heures en fait.
Par contre effectivement c'est un peu le Bronx à l'intérieur du bateau, on pourrait faire mieux ! Marc a commencé à ranger pendant son quart. Mais il faut aussi qu'on fasse un check complet du bateau : vérifier qu'on n'a pas d'avarie, faire quelques réparations aussi. Tout ce qui arrive aux autres, ça nous fait réaliser que le bateau a certainement souffert. On serait sur un Vendée Globe on ne pourrait pas le terminer.
On est content d'en être sorti indemne. Franchement ça ne nous arrive pas souvent, mais là, pendant cette période, la course on l'a un peu oubliée. On a pensé à nous et au bateau. On aurait pu aller plus vite mais on a vraiment fait attention.
Pour la suite, la situation n'a pas l'air trop compliquée jusqu'à l'Arc Antillais. Je pense qu'on a une bonne position par rapport au reste de la flotte. On va être sur un bord assez droit, nos choix stratégiques vont se faire au niveau de la voilure. Ensuite on aura un empannage à bien placer dans l'anticyclone. Pour ce qu'il en est après les Antilles, on n'a pas trop regardé encore.
A bord tout va bien, on est très bien organisé contrairement à la dernière fois où on s'était un peu trop mis la pression ».
Loic Fequet - Guyader pour Urgence Climatique – 3ème au classement de 5h
« La nuit a été un peu pénible, on n'a pas eu énormément de vent mais par contre c'était très changeant et il y avait pas mal de vagues. On a actuellement entre 8 et 10 nœuds et on marche à 7,5 direct vers l'arrivée : ça c'est la bonne nouvelle. Nous, on ne peut pas dire qu'on a eu la tempête… Hier on a touché 25 nœuds pendant une dizaine d'heures mais c'est tout. En revanche on trouve notre cap bizarre par rapport aux fichiers météo. On devrait faire plus de sud normalement. On n'a pas encore eu le temps de faire un check up du bateau parce que c'est impensable là de monter au mât dans ces conditions pour vérifier les gréements etc.… On pourra faire ça d'ici 36 heures.
Côté nourriture on mange beaucoup de conserves : on a de bons petits plats de chez Guyader, donc pas de problème de ce côté-là ».
François Gabart – Groupe Bel – 3ème au classement Imoca de 5h
« A bord ça sèche doucement, il va falloir encore attendre un peu. Le jardin par contre est toujours arrosé ! Mais c'est plus confortable quand même, le vent a molli cette nuit. Mais on a eu des rafales assez fortes il y a encore pas très longtemps. Le bateau va toujours assez vite, on marche entre 11 et 14 nœuds maintenant donc c'est plutôt pas mal. On renvoie la toile doucement parce qu'il y a quand même eu un peu plus de 30 nœuds il y a ½ heure et en moyenne, on a 20/25 nœuds. Mais on commence à revoir les oreilles de la vache, on voit même son sourire, ça nous rassure ! La journée à venir devrait être assez simple pour nous. Ca va être du tout droit pour se placer sous l'anticyclone des acores et empanner samedi soir. On n'a pas de gros soucis, une petite déchirure dans la grand voile mais rien de bien grave. Le bateau va plutôt bien et nous aussi ».
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Ouf ! C'est avec un grand soulagement que l'ensemble des acteurs de la neuvième Transat Jacques Vabre a vu la nuit tomber sur la journée d'hier. Après de longues heures dominées par la tempête, une mer déchaînée et des conditions difficilement supportables, ce premier vendredi de la course s'est achevé sur la nouvelle rassurante de l'hélitreuillage de Sébastien Josse et Jean-François Cuzon et de leur retour sur la terre ferme à Terceira aux Açores. Du côté des concurrents encore en mer on a également pu souffler de voir le coup de tabac s'éloigner et leur accorder un répit certes relatif mais Ô combien mérité. Dans une houle résiduelle et toujours marquée, les premiers ont ainsi pu laisser l'archipel portugais dans leur sillage et reprendre une progression moins contrariée vers le Costa Rica. Mais qu'on ne s'y trompe pas, l'ambiance n'est toutefois pas encore complètement au grand confort et aux surfs atlantiques. Pour ces images d'Epinal, il faudra patienter un peu même si le groupe des centristes s'accordait ce matin sur un avenir proche se profilant dans l'ombre d'une complication. La meilleure des intrigues avançant toujours vers un dénouement, celle qui s'est tissée dans les premières heures de course ne devrait pas tarder à livrer son verdict. Ainsi saurons-nous certainement bientôt si la voie du Sud, empruntée par Michel Desjoyeaux et Jérémie Beyou, était finalement celle de la sagesse ou de l'allégresse. A ce stade du jeu, la question reste ouverte et personne de s'en plaindra. Reste qu'à 3 300 milles de l'arrivée à Puerto Limon, la tendance médiane a toujours les honneurs du classement, les hommes de Safran conservant leur leadership devant Mike Golding et Javier Sanso, et Kito de Pavant et François Gabart.
Pas de changement chez les Multi50 dont le chef de file reste le Crêpes Whaou ! de Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux. Au Nord, Lalou Roucayrol et Amaiur Alfaro occupent toujours la deuxième place devant les comparses de Guyader pour Urgence Climatique. En échappant au gros de la tempête à la faveur de son option sudiste, le contingent malouin peut aujourd'hui se réjouir d'être sorti des griffes de la bête sans encombre. Mais la logique devrait l'emporter dans les jours à venir et le sprint vers les Antilles tourner en la faveur du dernier né de la série. Enfin, toujours en escale technique à Vigo, les hommes de Prince de Bretagne devraient faire part de leur décision de repartir ou pas aujourd'hui. Espérons que les finistériens pointeront vite à nouveau leurs étraves dans le match. La tempête est passée, le jeu est définitivement de retour sur la Transat Jacques Vabre 2009.
Ils ont dit…
Charles Caudrelier - Safran – 1er au classement Imoca de 5h
« Ca tape toujours mais c'est tellement moins qu'avant que c'est presque confortable… On est vraiment soulagé maintenant. Mais bon, on est tellement fatigué qu'on continue à de se prendre de bonnes gamelles ! C'était très stressant cette phase sur le bateau. Sincèrement j'avais rarement vu une mer aussi démontée. Si c'était à refaire je ne repasserai pas par là.
Cette nuit nous avons hésité à renvoyer de la toile mais on a bien fait d'attendre. Là on en a renvoyé un peu, et c'est beaucoup mieux, c'est vraiment différent depuis 3 heures en fait.
Par contre effectivement c'est un peu le Bronx à l'intérieur du bateau, on pourrait faire mieux ! Marc a commencé à ranger pendant son quart. Mais il faut aussi qu'on fasse un check complet du bateau : vérifier qu'on n'a pas d'avarie, faire quelques réparations aussi. Tout ce qui arrive aux autres, ça nous fait réaliser que le bateau a certainement souffert. On serait sur un Vendée Globe on ne pourrait pas le terminer.
On est content d'en être sorti indemne. Franchement ça ne nous arrive pas souvent, mais là, pendant cette période, la course on l'a un peu oubliée. On a pensé à nous et au bateau. On aurait pu aller plus vite mais on a vraiment fait attention.
Pour la suite, la situation n'a pas l'air trop compliquée jusqu'à l'Arc Antillais. Je pense qu'on a une bonne position par rapport au reste de la flotte. On va être sur un bord assez droit, nos choix stratégiques vont se faire au niveau de la voilure. Ensuite on aura un empannage à bien placer dans l'anticyclone. Pour ce qu'il en est après les Antilles, on n'a pas trop regardé encore.
A bord tout va bien, on est très bien organisé contrairement à la dernière fois où on s'était un peu trop mis la pression ».
Loic Fequet - Guyader pour Urgence Climatique – 3ème au classement de 5h
« La nuit a été un peu pénible, on n'a pas eu énormément de vent mais par contre c'était très changeant et il y avait pas mal de vagues. On a actuellement entre 8 et 10 nœuds et on marche à 7,5 direct vers l'arrivée : ça c'est la bonne nouvelle. Nous, on ne peut pas dire qu'on a eu la tempête… Hier on a touché 25 nœuds pendant une dizaine d'heures mais c'est tout. En revanche on trouve notre cap bizarre par rapport aux fichiers météo. On devrait faire plus de sud normalement. On n'a pas encore eu le temps de faire un check up du bateau parce que c'est impensable là de monter au mât dans ces conditions pour vérifier les gréements etc.… On pourra faire ça d'ici 36 heures.
Côté nourriture on mange beaucoup de conserves : on a de bons petits plats de chez Guyader, donc pas de problème de ce côté-là ».
François Gabart – Groupe Bel – 3ème au classement Imoca de 5h
« A bord ça sèche doucement, il va falloir encore attendre un peu. Le jardin par contre est toujours arrosé ! Mais c'est plus confortable quand même, le vent a molli cette nuit. Mais on a eu des rafales assez fortes il y a encore pas très longtemps. Le bateau va toujours assez vite, on marche entre 11 et 14 nœuds maintenant donc c'est plutôt pas mal. On renvoie la toile doucement parce qu'il y a quand même eu un peu plus de 30 nœuds il y a ½ heure et en moyenne, on a 20/25 nœuds. Mais on commence à revoir les oreilles de la vache, on voit même son sourire, ça nous rassure ! La journée à venir devrait être assez simple pour nous. Ca va être du tout droit pour se placer sous l'anticyclone des acores et empanner samedi soir. On n'a pas de gros soucis, une petite déchirure dans la grand voile mais rien de bien grave. Le bateau va plutôt bien et nous aussi ».
Source : Rivacom
14-11-2009 > Communiqué de presse
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