Rigueur scientifique ou boule de cristal ?
Du Havre à Puerto Limon, il y a loin de la coupe aux lèvres pour tous ceux qui veulent prétendre à la victoire dans cette Transat Jacques Vabre. Difficile de dégager des favoris implacables et ce, d'autant plus que les prévisions météorologiques laissent entrevoir un champ des possibles largement ouvert…
Nord ou sud ? Route directe contre les vents dominants ou chemin des écoliers des alizés ? Comme bien souvent à cette période de l'année, la situation météorologique se plait à brouiller les cartes des routes potentiellement gagnantes vers l'arc antillais. Et les routeurs de se perdre en conjectures en fonction des modèles. La faute à une petite dorsale anticyclonique positionnée dans l'ouest de la Manche. Dès lors, une route s'imposera : la nécessité de traverser cette zone de vents faibles pour retrouver derrière un flux d'ouest actif ne permettra pas de descendre tout de suite vers la pointe de l'Espagne. Ensuite, espérer contourner l'anticyclone des Açores par l'est et accrocher les alizés comportera une part de risque indéniable. La route du sud est celle de tous les péchés : de gourmandise tout d'abord… Espérer glisser porté par les vents d'est, sous spinnaker, sous le soleil est autrement plus prometteur qu'une navigation sur la route nord contre le vent et les vagues, dans la position du dahu. Péché d'orgueil aussi, dans une moindre mesure : accepter de perdre des milles au fur et à mesure des premiers classements qui tombent suppose une certaine confiance en ses choix, voire a minima, un tempérament de joueur. Mais les expériences précédentes sur d'autres courses transatlantiques ont montré qu'il était parfois judicieux d'investir même si, au fur et à mesure que les heures perdues s'accumulent, on peut sentir parfois une part de la confiance du départ fondre sous le soleil des tropiques…
A la veille du départ, si tous les navigateurs s'accordent à penser que la sortie de Manche devrait être rapide et relativement simple, les mêmes reconnaissent que pour faire des choix définitifs, une boule de cristal serait parfois aussi utile que le défilé incessant des isochrones fluctuant au gré des variations des modèles de prévision.
Options radicales ou marquage à la culotte
Alors, chacun agit selon son tempérament et les qualités supposées de son bateau. Pour les Multi50, la tentation du sud est d'autant plus évidente que les gains de vitesse sont incomparables dès lors qu'on accroche des allures portantes. Même s'ils ne le disent pas tous, il y a fort à parier que dès que l'opportunité se présentera, une grande part de la flotte tentera de mettre le clignotant à gauche pour accrocher les alizés salvateurs. Pour les monocoques IMOCA, le débat est plus complexe : ceux qui, faute de pouvoir rivaliser aux allures portantes, préféreront une route proche de l'orthodromie s'apprêtent à vivre ce début de transat comme un combat. Ce sera peut être le cas des bateaux plus typés pour la brise comme Veolia Environnement, Artemis, DCNS ou bien encore Hugo Boss. D'autres plus confiants dans le potentiel de glisse de leur machine pourraient adopter des routes plus intermédiaires. On attend de voir notamment les choix des Safran, Groupe Bel et autre Foncia qui affichaient sur les quais du Havre une confiance résolue dans leur vitesse. Mais, à l'heure des derniers routages, les navigateurs deviennent de moins en moins diserts sur leurs intentions. D'autant que certains modèles ont de quoi donner le tournis : ainsi, sur un des bateaux favoris de la classe IMOCA, les deux navigateurs pouvaient-ils présenter un routage qui emmenait les deux compères à 250 milles au sud de terre-Neuve. Et l'un des deux skippers, désabusé, d'ajouter : « Et quand on y est, qu'est ce qu'on fait ? »
A cette incertitude s'ajoute encore, cette année, la possibilité de naviguer pour chacun en mode furtif pendant 24 heures. De quoi renforcer les incertitudes des uns et des autres quand chacun sait que les courses au large se jouent autant sur les choix stratégiques que sur les marquages tactiques. Qui sait même si, à l'heure de certains choix, on ne verra pas d'un coup disparaître une majorité de la flotte des écrans de contrôle. A la grande distribution des cartes que se plait à jouer dame météo, les concurrents vont pouvoir ajouter le piquant du poker menteur…
Rappel sur le départ de dimanche
La sortie des bateaux du bassin Paul Vatine est prévue à partir de 11h40. Le départ sera donné par Madame Rama Yade, Secrétaire d'état aux Sports, à 14h pour les Multi50 et 14h30 pour les monocoques IMOCA.
Les prévisions de Météo Consult pour demain donnent un vent de nord à nord-est d'une quinzaine de nœuds. La mer risque d'être encore assez forte avec une houle résiduelle d'ouest.
Ils ont dit :
Marc Guillemot (Safran)
« Entre Le Havre et Cherbourg ce sera plutôt une course de vitesse entre les bateaux. Ensuite, il y a deux options possibles. Soit on prolonge par l'Ouest pour contourner l'anticyclone, soit on prend plus au Sud en choisissant de passer entre l'anticyclone et la côte espagnole, ce qui peut présenter quelques risques. En passant à Cherbourg demain vers 18 heures, on aura les derniers modèles météo, ce qui devrait nous permettre de décider si on va à gauche ou tout droit. Toutes les courses peuvent se jouer dès le départ et avec un plateau comme celui de cette Transat Jacques Vabre, on peut imaginer que la plupart des concurrents prendra une option assez similaire. »
Franck-Yves Escoffier (Crêpes Whaou !)
« Nous partons avec le centre d'une dépression qui devrait nous générer du Nord Est, mais peut-être aussi du Nord ou de l'Est en fonction du déplacement du phénomène dans la nuit. Nous devrions avoir 15 nœuds qui nous permettrons de partir sur un seul bord. La grosse question concerne l'état de la mer, car même si le vent tombe, elle risque d'être assez formée. Après quelques heures de course, le vent devrait fraîchir un peu plus et pourquoi pas monter jusqu'à 30 nœuds mais pas forcément très longtemps car il y a une dorsale anticyclonique derrière. Après, selon les routeurs les options divergent sur la négociation des anticyclones. Celui des Açores se déplace actuellement vers le Portugal et pourrait fermer la porte ».
Eric Mas, Météo-Consult
« Les premières heures sont relativement simples. La flotte devrait partir dans un flux d'est retournant progressivement au nord. Seul l'état de la mer compliquera la donne avec une houle de nord-ouest qui devrait les ralentir fortement. Les premiers choix devraient apparaître dans la nuit de lundi à mardi, une fois que tous auront traversé un premier front généré par un centre dépressionnaire actif. Descendre vers le sud sera compliqué, mais ceux qui resteront au nord doivent s'attendre à subir de la baston… »
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Options radicales ou marquage à la culotte
Alors, chacun agit selon son tempérament et les qualités supposées de son bateau. Pour les Multi50, la tentation du sud est d'autant plus évidente que les gains de vitesse sont incomparables dès lors qu'on accroche des allures portantes. Même s'ils ne le disent pas tous, il y a fort à parier que dès que l'opportunité se présentera, une grande part de la flotte tentera de mettre le clignotant à gauche pour accrocher les alizés salvateurs. Pour les monocoques IMOCA, le débat est plus complexe : ceux qui, faute de pouvoir rivaliser aux allures portantes, préféreront une route proche de l'orthodromie s'apprêtent à vivre ce début de transat comme un combat. Ce sera peut être le cas des bateaux plus typés pour la brise comme Veolia Environnement, Artemis, DCNS ou bien encore Hugo Boss. D'autres plus confiants dans le potentiel de glisse de leur machine pourraient adopter des routes plus intermédiaires. On attend de voir notamment les choix des Safran, Groupe Bel et autre Foncia qui affichaient sur les quais du Havre une confiance résolue dans leur vitesse. Mais, à l'heure des derniers routages, les navigateurs deviennent de moins en moins diserts sur leurs intentions. D'autant que certains modèles ont de quoi donner le tournis : ainsi, sur un des bateaux favoris de la classe IMOCA, les deux navigateurs pouvaient-ils présenter un routage qui emmenait les deux compères à 250 milles au sud de terre-Neuve. Et l'un des deux skippers, désabusé, d'ajouter : « Et quand on y est, qu'est ce qu'on fait ? »
A cette incertitude s'ajoute encore, cette année, la possibilité de naviguer pour chacun en mode furtif pendant 24 heures. De quoi renforcer les incertitudes des uns et des autres quand chacun sait que les courses au large se jouent autant sur les choix stratégiques que sur les marquages tactiques. Qui sait même si, à l'heure de certains choix, on ne verra pas d'un coup disparaître une majorité de la flotte des écrans de contrôle. A la grande distribution des cartes que se plait à jouer dame météo, les concurrents vont pouvoir ajouter le piquant du poker menteur…
Rappel sur le départ de dimanche
La sortie des bateaux du bassin Paul Vatine est prévue à partir de 11h40. Le départ sera donné par Madame Rama Yade, Secrétaire d'état aux Sports, à 14h pour les Multi50 et 14h30 pour les monocoques IMOCA.
Les prévisions de Météo Consult pour demain donnent un vent de nord à nord-est d'une quinzaine de nœuds. La mer risque d'être encore assez forte avec une houle résiduelle d'ouest.
Ils ont dit :
Marc Guillemot (Safran)
« Entre Le Havre et Cherbourg ce sera plutôt une course de vitesse entre les bateaux. Ensuite, il y a deux options possibles. Soit on prolonge par l'Ouest pour contourner l'anticyclone, soit on prend plus au Sud en choisissant de passer entre l'anticyclone et la côte espagnole, ce qui peut présenter quelques risques. En passant à Cherbourg demain vers 18 heures, on aura les derniers modèles météo, ce qui devrait nous permettre de décider si on va à gauche ou tout droit. Toutes les courses peuvent se jouer dès le départ et avec un plateau comme celui de cette Transat Jacques Vabre, on peut imaginer que la plupart des concurrents prendra une option assez similaire. »
Franck-Yves Escoffier (Crêpes Whaou !)
« Nous partons avec le centre d'une dépression qui devrait nous générer du Nord Est, mais peut-être aussi du Nord ou de l'Est en fonction du déplacement du phénomène dans la nuit. Nous devrions avoir 15 nœuds qui nous permettrons de partir sur un seul bord. La grosse question concerne l'état de la mer, car même si le vent tombe, elle risque d'être assez formée. Après quelques heures de course, le vent devrait fraîchir un peu plus et pourquoi pas monter jusqu'à 30 nœuds mais pas forcément très longtemps car il y a une dorsale anticyclonique derrière. Après, selon les routeurs les options divergent sur la négociation des anticyclones. Celui des Açores se déplace actuellement vers le Portugal et pourrait fermer la porte ».
Eric Mas, Météo-Consult
« Les premières heures sont relativement simples. La flotte devrait partir dans un flux d'est retournant progressivement au nord. Seul l'état de la mer compliquera la donne avec une houle de nord-ouest qui devrait les ralentir fortement. Les premiers choix devraient apparaître dans la nuit de lundi à mardi, une fois que tous auront traversé un premier front généré par un centre dépressionnaire actif. Descendre vers le sud sera compliqué, mais ceux qui resteront au nord doivent s'attendre à subir de la baston… »
Source : Rivacom
7-11-2009 > Communiqué de presse
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