Dans le vif du succès
Il est parfois urgent d'attendre. A 10 heures ce matin, la Rade de Brest offrait un visage tout lémanique. Lambeaux de brume accrochés aux sommets des collines des Monts d'Arrée, calmes blancs et mer lisse comme un miroir. Un tel cas de figure impliquait forcément l'envoi du pavillon « Aperçu », signifiant aux concurrents qu'ils étaient invités à rester à terre jusqu'à nouvel ordre. Vers midi, le vent s'est levé progressivement sur la rade... Le festival pouvait commencer.
Une journée comme tout régatier peut en rêver. Du vent, suffisamment pour avancer sans difficulté, mais pas trop. Des options à jouer en fonction des bascules du vent, des effets de côte et du courant. Et du soleil pour paresser en attendant le vent ou réchauffer les corps entre deux manches... Quoique ! Au vu du rythme proposé par les trois comités de course, les concurrents n'auront jamais eu très longtemps à attendre avant d'enquiller une autre manche.
Open 5,70 : le choix radical de gauche
On a pu voir ainsi quelques très jolis départs, comme celui de l'équipage de Henri de Thore qui faillit passer en revue toute la flotte des Open 5,70 en bâbord amure, avant de se raviser et glisser en dessous de tout ce joli monde en position favorable à la bouée. Dans cette première manche, les concurrents partis sur la gauche du plan d'eau creusaient un écart conséquent sur le reste de la flotte. Frédéric Beauvillain, sur Yucca Voiles, faisait montre d'une belle vitesse et d'une jolie maîtrise tactique, même s'il devait céder la première place à la bouée au vent à deux autres concurrents qui avaient eu l'audace d'être encore plus radicaux dans le choix de la gauche du plan d'eau. On le sait : en régate, le plus souvent, le mieux est l'ennemi du bien. Mais il arrive parfois qu'il faille faire des choix osés pour espérer l'emporter. C'est ce que décidaient Laurent Iturbide (Petit Moustic) comme Erik Monjalous (Phantasmic) pour s'emparer des deux premières places à l'issue du premier bord de près.
Longtzee : un Tabarly, ça va...
Erwan Tabarly apprend vite, on le savait... Mais quand il embarque son frère Yannick, le duo devient vite irrésistible et le reste de la flotte n'a pu que constater les dégâts. Vitesse impressionnante, trajectoires au cordeau, manœuvres fluides, l'équipage d'Athéma ,où officiait aussi Vincent Biarnes, a dominé les deux premières manches avec autorité. Erwan qui cherchait un complément à la navigation en solitaire en Figaro avouait qu'il était venu pour progresser dans les navigations au contact. Manifestement, l'élève retient bien ses leçons.
J80 : le facteur n'a sonné qu'une fois
En J80, l'équipage de Feed J skippé par François-Xavier Drogou a failli créer la surprise dans la deuxième manche. Parti en solitaire à droite du plan d'eau, il bénéficiait visiblement d'une meilleure pression et d'une veine de courant favorable qui le plaçait très largement en tête de la flotte. Malheureusement, une mauvaise appréciation des angles aux allures de près, le faisait virer de bord bien au delà du bord du cadre, qui symbolise la route directe sur l'autre bord pour rejoindre la bouée au vent. Résultat de l'opération : ce qu'on appelle en jargon de régatier, le bord du facteur, celui que l'on prend tout seul à rebrousse-poil de l'avis de l'ensemble de la flotte, n'a pas payé autant qu'il aurait dû. Alors qu'il aurait pu passer en tête avec une marge confortable, l'équipage de Feed J se faisait voler la vedette par Interface Concept (Jean-Charles Moriceau) et Gan'Ja (Luc Nadal) au prix d'une arrivée bâbord audacieuse sur la marque au vent.
Laser SB3 : England rule the waves
Avec l'arrivée des Laser SB3 sur le port de Morgat, la petite station balnéaire a pris des airs de Cornouaille britannique. Le très fort contingent anglo-saxon a pris ses aises, ne laissant que la portion congrue aux deux seuls équipages français engagés dans la compétition. Visiblement, il doit exister une période d'adaptation nécessaire avant de trouver toutes les manettes de ce gros dériveur...
Open 650 : la rentrée de la classe
En 2008, à l'occasion du Grand Prix de l'Ecole Navale, les concurrents des différentes séries Mach 6,50, Open 6,50 et K650 avaient demandé de pouvoir être classé ensemble de manière à étoffer une flotte qui, divisée en trois série, n'offrait que peu de possibilités de confrontation. Depuis l'idée a fait son chemin et les coureurs ont pris l'habitude de naviguer de conserve... Petit à petit, l'idée d'une jauge commune progresse et même si tout n'est pas encore formalisé, les adeptes de cette taille de sportboats n'envisagent pas de laisser passer l'opportunité de continuer à rapprocher leurs points de vue pour maximiser leur plaisir sur l'eau. Plus on est de sages, plus on rit... Pour cette première journée de course, les deux Mach 6,50 d'Yves Le Blevec (Actual Interim) et Manuel Guedon (Canal + l'équipage) ont dominé les débats. Demain, le vent devrait être plus soutenu et pourrait bousculer cette hiérarchie.
Ils ont dit :
Erwan Tabarly (Athema, Longtze) :
« Ce bateau est un bon complément de mes navigations en Figaro. En plus, le bateau est vraiment sympa. C'est mon premier Grand Prix de l'Ecole Navale : c'est un cadre idéal pour progresser, rencontrer d'autres navigateurs... la série commence à prendre, on est chaque fois plus d'une dizaine à chaque course. Ce sera peut être vingt l'an prochain. »
Erwan Tabarly est une des figures du circuit Figaro. Après une saison 2008 qui venait clore une période de deux ans de disette faute de sponsor et une quatrième place au Championnat de France Solitaire, Erwan débute 2009 en trombe en s'emparant de la deuxième place de la Transat BPE, à moins de cinq minutes du vainqueur, Gildas Morvan.
Julian Pressac, (Hydrophobic, Open 5,70) :
« C'est notre 2ème Grand Prix de l'Ecole Navale. On espère avoir des conditions plus ventées. 40 bateaux, c'est vraiment génial ! Il y a un bon plateau. On va pouvoir se mesurer aux meilleurs de la série. L'organisation est vraiment au top tant du niveau du plan d'eau que de l'organisation. On vient d'Arcachon pour participer : c'est dire si on est motivés.»
L'équipage d'Hydrophobic est un équipage de club issu du Cercle de la Voile d'Arcachon.
Patrick Bot (Canal+, l'équipage)
« Après un long bail en J80, j'avais envie de faire un break. Je navigue avec Manuel Guédon et c'est un bateau très sympa. C'est extrêmement vivant, on a beaucoup plus de sensations : on sent le bateau s'arrêter, repartir, il faut être très vigilant... »
Patrick Bot est enseignant-chercheur à l'Ecole navale. Il participe avec Fred Auville, Mathieu Durand et Benoît Augier à l'élaboration d'un logiciel qui modélise les écoulements sur les voiles en navigation. Ce logiciel intègre aussi les mouvements du bateau et ses conséquences sur l'aérodynamique. Pour ce faire, ils ont instrumentalisé un J80 pour pouvoir mesurer les déformations des voiles en navigation. Ainsi ils ont pu démontrer qu'une même coupe de voile ne subissait pas les mêmes déformations suivant les tissus utilisés : ils travaillent ensuite en collaboration avec la voilerie Delta Voiles sur l'optimisation des plans de voilure.
Open 5,70 : le choix radical de gauche
On a pu voir ainsi quelques très jolis départs, comme celui de l'équipage de Henri de Thore qui faillit passer en revue toute la flotte des Open 5,70 en bâbord amure, avant de se raviser et glisser en dessous de tout ce joli monde en position favorable à la bouée. Dans cette première manche, les concurrents partis sur la gauche du plan d'eau creusaient un écart conséquent sur le reste de la flotte. Frédéric Beauvillain, sur Yucca Voiles, faisait montre d'une belle vitesse et d'une jolie maîtrise tactique, même s'il devait céder la première place à la bouée au vent à deux autres concurrents qui avaient eu l'audace d'être encore plus radicaux dans le choix de la gauche du plan d'eau. On le sait : en régate, le plus souvent, le mieux est l'ennemi du bien. Mais il arrive parfois qu'il faille faire des choix osés pour espérer l'emporter. C'est ce que décidaient Laurent Iturbide (Petit Moustic) comme Erik Monjalous (Phantasmic) pour s'emparer des deux premières places à l'issue du premier bord de près.
Longtzee : un Tabarly, ça va...
Erwan Tabarly apprend vite, on le savait... Mais quand il embarque son frère Yannick, le duo devient vite irrésistible et le reste de la flotte n'a pu que constater les dégâts. Vitesse impressionnante, trajectoires au cordeau, manœuvres fluides, l'équipage d'Athéma ,où officiait aussi Vincent Biarnes, a dominé les deux premières manches avec autorité. Erwan qui cherchait un complément à la navigation en solitaire en Figaro avouait qu'il était venu pour progresser dans les navigations au contact. Manifestement, l'élève retient bien ses leçons.
J80 : le facteur n'a sonné qu'une fois
En J80, l'équipage de Feed J skippé par François-Xavier Drogou a failli créer la surprise dans la deuxième manche. Parti en solitaire à droite du plan d'eau, il bénéficiait visiblement d'une meilleure pression et d'une veine de courant favorable qui le plaçait très largement en tête de la flotte. Malheureusement, une mauvaise appréciation des angles aux allures de près, le faisait virer de bord bien au delà du bord du cadre, qui symbolise la route directe sur l'autre bord pour rejoindre la bouée au vent. Résultat de l'opération : ce qu'on appelle en jargon de régatier, le bord du facteur, celui que l'on prend tout seul à rebrousse-poil de l'avis de l'ensemble de la flotte, n'a pas payé autant qu'il aurait dû. Alors qu'il aurait pu passer en tête avec une marge confortable, l'équipage de Feed J se faisait voler la vedette par Interface Concept (Jean-Charles Moriceau) et Gan'Ja (Luc Nadal) au prix d'une arrivée bâbord audacieuse sur la marque au vent.
Laser SB3 : England rule the waves
Avec l'arrivée des Laser SB3 sur le port de Morgat, la petite station balnéaire a pris des airs de Cornouaille britannique. Le très fort contingent anglo-saxon a pris ses aises, ne laissant que la portion congrue aux deux seuls équipages français engagés dans la compétition. Visiblement, il doit exister une période d'adaptation nécessaire avant de trouver toutes les manettes de ce gros dériveur...
Open 650 : la rentrée de la classe
En 2008, à l'occasion du Grand Prix de l'Ecole Navale, les concurrents des différentes séries Mach 6,50, Open 6,50 et K650 avaient demandé de pouvoir être classé ensemble de manière à étoffer une flotte qui, divisée en trois série, n'offrait que peu de possibilités de confrontation. Depuis l'idée a fait son chemin et les coureurs ont pris l'habitude de naviguer de conserve... Petit à petit, l'idée d'une jauge commune progresse et même si tout n'est pas encore formalisé, les adeptes de cette taille de sportboats n'envisagent pas de laisser passer l'opportunité de continuer à rapprocher leurs points de vue pour maximiser leur plaisir sur l'eau. Plus on est de sages, plus on rit... Pour cette première journée de course, les deux Mach 6,50 d'Yves Le Blevec (Actual Interim) et Manuel Guedon (Canal + l'équipage) ont dominé les débats. Demain, le vent devrait être plus soutenu et pourrait bousculer cette hiérarchie.
Ils ont dit :
Erwan Tabarly (Athema, Longtze) :
« Ce bateau est un bon complément de mes navigations en Figaro. En plus, le bateau est vraiment sympa. C'est mon premier Grand Prix de l'Ecole Navale : c'est un cadre idéal pour progresser, rencontrer d'autres navigateurs... la série commence à prendre, on est chaque fois plus d'une dizaine à chaque course. Ce sera peut être vingt l'an prochain. »
Erwan Tabarly est une des figures du circuit Figaro. Après une saison 2008 qui venait clore une période de deux ans de disette faute de sponsor et une quatrième place au Championnat de France Solitaire, Erwan débute 2009 en trombe en s'emparant de la deuxième place de la Transat BPE, à moins de cinq minutes du vainqueur, Gildas Morvan.
Julian Pressac, (Hydrophobic, Open 5,70) :
« C'est notre 2ème Grand Prix de l'Ecole Navale. On espère avoir des conditions plus ventées. 40 bateaux, c'est vraiment génial ! Il y a un bon plateau. On va pouvoir se mesurer aux meilleurs de la série. L'organisation est vraiment au top tant du niveau du plan d'eau que de l'organisation. On vient d'Arcachon pour participer : c'est dire si on est motivés.»
L'équipage d'Hydrophobic est un équipage de club issu du Cercle de la Voile d'Arcachon.
Patrick Bot (Canal+, l'équipage)
« Après un long bail en J80, j'avais envie de faire un break. Je navigue avec Manuel Guédon et c'est un bateau très sympa. C'est extrêmement vivant, on a beaucoup plus de sensations : on sent le bateau s'arrêter, repartir, il faut être très vigilant... »
Patrick Bot est enseignant-chercheur à l'Ecole navale. Il participe avec Fred Auville, Mathieu Durand et Benoît Augier à l'élaboration d'un logiciel qui modélise les écoulements sur les voiles en navigation. Ce logiciel intègre aussi les mouvements du bateau et ses conséquences sur l'aérodynamique. Pour ce faire, ils ont instrumentalisé un J80 pour pouvoir mesurer les déformations des voiles en navigation. Ainsi ils ont pu démontrer qu'une même coupe de voile ne subissait pas les mêmes déformations suivant les tissus utilisés : ils travaillent ensuite en collaboration avec la voilerie Delta Voiles sur l'optimisation des plans de voilure.
Source : Kaori
22-05-2009 > Communiqué de presse


22-05-2009 > Communiqué de presse

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