Dans l’oeil d’Ed Baird, part. II/II
Notre confrère anglosaxon SeaHorse, magazine papier, publie sur son site Internet une interview d’Ed Bird alors qu’il utilise le World Match Racing Tour pour entraîner ses troupes et les tenir prêtes quoiqu’il arrive …
SeaHorse : Comment transférez-vous cette préparation sur les gros bateaux ?
Ed Baird : C’est la question à un million de dollars. Il y a beaucoup de chose à apprendre si l’on fait attention sur le Tour. Bien sur les règles, les calls, la tactique et la stratégie doivent être regardés, mais il y a plus. Remporter la Coupe est une histoire d’Homme. Sur la dernière Coupe on a pu voir 17 hommes donner le meilleur d’eux même pour naviguer proprement et rapidement. Nous avions donc une chance de remporter l’épreuve. Mais le fait est que les 120 autres personnes qui composent l’équipe d’Alinghi ont eux aussi travailler très durement pendant ces longues années de préparation que nous n’aurions eu aucune excuse de perdre.
Imaginez le processus que vous devez mettre en place pour remporter quelque chose d’aussi inaccessible que l’America’s Cup. Les idées, les arguments, la préparation du budget, la recherche, les erreurs, les accords, les sacrifices et tout le travail si difficile. Les familles doivent être derrière vous. Les sponsors doivent être exubérants, si ce n’est patient. Les architectes et les constructeurs doivent vous rendre un très bon produit. L’équipe à terre doit travailler toute la nuit … encore et encore. Et les navigants qui ne font pas partie de l’équipe finale doivent toujours être dans le match, chaque jour.
En allant sur le Tour nous continuons à apprendre sur la course. Si l’on prend le risque de combattre les meilleures équipes nous pouvons faire quelque chose très rapidement. Si nous le faisons bien, toute l’équipe prend confiance et travaille encore plus dur. Alinghi est une écurie de course, et nous devons continuer à régater pour continuer à nous améliorer. Heureusement nous avons le Tour pour nous donner l’opportunité de le faire.
SeaHorse : Le nouvel AC33 est un bateau plus rapide que ceux que vous avez eu l’occasion d’utiliser lors des dernières America’s Cup. Y’a-t-il des bateaux sur le World Tour qui rappelle l’AC33 ?
EB : Il n’y a rien sur le Tour qui peut simuler la taille, la puissance et l’efficacité des tous nouveaux AC33. La seule solution pour apprendre à les connaître sera de naviguer dessus ! Mais, avant que ces bateaux ne voient le jour (ne touchent l’eau !) nous devons rester concentrés afin de pouvoir voir venir la compétition sereinement. Les équipages de très haut niveau sur le Tour et les plans d’eau difficiles nous aideront à le rester. Mais nous sommes aussi très excité de découvrir ce nouveau bateau et de voir ce qu’il a dans le ventre !
SeaHorse : Est-il envisageable un jour de voir le Tour adopté des sportsboats et un style de navigation plus rapide ?
EB : L’une des bonnes choses sur le Tour est qu’il est abordable. Utilisation de bateaux basiques permet de les maintenir facilement. La plupart des plus grands noms de la voile courant dans la Coupe s’aiguisent les dents sur des match race cette année. Ce n’est pas seulement à propos des bateaux, mais c’est plus sur les techniques. Nous apprenons à gérer les timings, le positionnement. Nous régatons de manière agressive sur chaque manche sur le bateau « poubelle » que chaque épreuve semble avoir, et appliquons une stratégie plus conservative sur les bateaux qui semblent avancer correctement.
Plus que tout nous découvrons beaucoup sur nos équipiers et sur soi-même, et sur ce que nous devons donner pour combattre les meilleurs. Le Tour est là où nous apprenons à nous faire confiance et à gérer la pression. C’est aussi là où nous créons des amitiés avec les organisateurs et les arbitres. Et c’est aussi là où l’on peut voir quel a été le travail accompli, mois après mois, année après année.
Le Tour ne nécessite pas des bateaux rapides. Ce qu’il lui faut c’est des bonnes équipes pour régater. Quelque soit le bateau qu’il nous fournisse. Lorsqu’il sera l’heure de nous préparer pour la Coupe nous apprendrons beaucoup de notre bateau si particulier en passant des heures et des heures dessus. Ce qui veut dire que nous ne pourrons pas faire tout le Tour dans sa totalité.
SeaHorse : Quel sera l’impact d’un bateau plus rapide sur le travail de l’équipage, de la stratégie et de toute l’approche du match racing ?
EB : Les AC33 seront plus rapides, et ils ne se comporteront pas comme la version 5 actuelle. D’après ce que j’ai compris nous devrions avoir un meilleur VMG au prés et au portant, mais c’est la façon dont on les trouvera qui importe. Et tout spécialement au portant, la nouvelle jauge demandera d’être plus agressif pour garder la vitesse cible, et une réponse plus précise en matière de risée et de variation du vent. Les angles d’empannage seront plus important ce qui rendra la zone de course plus grande. Prendre les bonnes risées sera aussi important que de jouer les variations de vent. La longueur des bateaux plus importantes rendra plus rapide. Le travail de l’équipage aura une partie non négligeable dans la vitesse globale du bateau.
Le match racing c’est savoir prendre des risques. Si vous faîtes moins d’erreur que votre adversaire vous gagnez généralement. Avec les nouveaux bateaux il y aura de nouveaux risques à prendre et il sera nécessaire d’apprendre une nouvelle stratégie. Les équipes vont réfléchir sur la manière de mettre de la pression sur leurs adversaires, et les forcer à commettre des erreurs. Les meilleurs équipes sont toutes déjà entrain de réfléchir sur de nouvelles stratégies, c’est juste l’un des challenges qui rend la Coupe si excitante.
Note de la rédaction : Si souvent il a été dit qu’Ed Baird était un homme tranquile de l’America’s Cup, lorsqu’il est arrivé au sein de l’équipe d’Alinghi en tant que barreur quatre ans auparavant, il a tout de suite impressionné par ses qualités d’analyseur de données conjugué à sa capacité avec laquelle il peut barrer un ACC.
Imaginez le processus que vous devez mettre en place pour remporter quelque chose d’aussi inaccessible que l’America’s Cup. Les idées, les arguments, la préparation du budget, la recherche, les erreurs, les accords, les sacrifices et tout le travail si difficile. Les familles doivent être derrière vous. Les sponsors doivent être exubérants, si ce n’est patient. Les architectes et les constructeurs doivent vous rendre un très bon produit. L’équipe à terre doit travailler toute la nuit … encore et encore. Et les navigants qui ne font pas partie de l’équipe finale doivent toujours être dans le match, chaque jour.
En allant sur le Tour nous continuons à apprendre sur la course. Si l’on prend le risque de combattre les meilleures équipes nous pouvons faire quelque chose très rapidement. Si nous le faisons bien, toute l’équipe prend confiance et travaille encore plus dur. Alinghi est une écurie de course, et nous devons continuer à régater pour continuer à nous améliorer. Heureusement nous avons le Tour pour nous donner l’opportunité de le faire.
SeaHorse : Le nouvel AC33 est un bateau plus rapide que ceux que vous avez eu l’occasion d’utiliser lors des dernières America’s Cup. Y’a-t-il des bateaux sur le World Tour qui rappelle l’AC33 ?
EB : Il n’y a rien sur le Tour qui peut simuler la taille, la puissance et l’efficacité des tous nouveaux AC33. La seule solution pour apprendre à les connaître sera de naviguer dessus ! Mais, avant que ces bateaux ne voient le jour (ne touchent l’eau !) nous devons rester concentrés afin de pouvoir voir venir la compétition sereinement. Les équipages de très haut niveau sur le Tour et les plans d’eau difficiles nous aideront à le rester. Mais nous sommes aussi très excité de découvrir ce nouveau bateau et de voir ce qu’il a dans le ventre !
SeaHorse : Est-il envisageable un jour de voir le Tour adopté des sportsboats et un style de navigation plus rapide ?
EB : L’une des bonnes choses sur le Tour est qu’il est abordable. Utilisation de bateaux basiques permet de les maintenir facilement. La plupart des plus grands noms de la voile courant dans la Coupe s’aiguisent les dents sur des match race cette année. Ce n’est pas seulement à propos des bateaux, mais c’est plus sur les techniques. Nous apprenons à gérer les timings, le positionnement. Nous régatons de manière agressive sur chaque manche sur le bateau « poubelle » que chaque épreuve semble avoir, et appliquons une stratégie plus conservative sur les bateaux qui semblent avancer correctement.
Plus que tout nous découvrons beaucoup sur nos équipiers et sur soi-même, et sur ce que nous devons donner pour combattre les meilleurs. Le Tour est là où nous apprenons à nous faire confiance et à gérer la pression. C’est aussi là où nous créons des amitiés avec les organisateurs et les arbitres. Et c’est aussi là où l’on peut voir quel a été le travail accompli, mois après mois, année après année.
Le Tour ne nécessite pas des bateaux rapides. Ce qu’il lui faut c’est des bonnes équipes pour régater. Quelque soit le bateau qu’il nous fournisse. Lorsqu’il sera l’heure de nous préparer pour la Coupe nous apprendrons beaucoup de notre bateau si particulier en passant des heures et des heures dessus. Ce qui veut dire que nous ne pourrons pas faire tout le Tour dans sa totalité.
SeaHorse : Quel sera l’impact d’un bateau plus rapide sur le travail de l’équipage, de la stratégie et de toute l’approche du match racing ?
EB : Les AC33 seront plus rapides, et ils ne se comporteront pas comme la version 5 actuelle. D’après ce que j’ai compris nous devrions avoir un meilleur VMG au prés et au portant, mais c’est la façon dont on les trouvera qui importe. Et tout spécialement au portant, la nouvelle jauge demandera d’être plus agressif pour garder la vitesse cible, et une réponse plus précise en matière de risée et de variation du vent. Les angles d’empannage seront plus important ce qui rendra la zone de course plus grande. Prendre les bonnes risées sera aussi important que de jouer les variations de vent. La longueur des bateaux plus importantes rendra plus rapide. Le travail de l’équipage aura une partie non négligeable dans la vitesse globale du bateau.
Le match racing c’est savoir prendre des risques. Si vous faîtes moins d’erreur que votre adversaire vous gagnez généralement. Avec les nouveaux bateaux il y aura de nouveaux risques à prendre et il sera nécessaire d’apprendre une nouvelle stratégie. Les équipes vont réfléchir sur la manière de mettre de la pression sur leurs adversaires, et les forcer à commettre des erreurs. Les meilleurs équipes sont toutes déjà entrain de réfléchir sur de nouvelles stratégies, c’est juste l’un des challenges qui rend la Coupe si excitante.
Note de la rédaction : Si souvent il a été dit qu’Ed Baird était un homme tranquile de l’America’s Cup, lorsqu’il est arrivé au sein de l’équipe d’Alinghi en tant que barreur quatre ans auparavant, il a tout de suite impressionné par ses qualités d’analyseur de données conjugué à sa capacité avec laquelle il peut barrer un ACC.
Source : SeaHorse
Traduction : GMo.
30-03-2009 > Article
Adonnante.com vous conseille
» www.seahorsemagazine.com
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30-03-2009 > Article
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