Aujourd’hui, ce ne sont pas 200 mais bien 300 milles que Thomas a rattrapés en l’espace de 24 heures ! Le retard avec le détenteur est désormais de 440 milles, soit une journée de navigation à la vitesse de 18 nœuds.
Rappelons que Thomas a viré le rocher du Horn dimanche dernier avec 4 jours, 17 heures et 11 minutes de retard, il a donc réduit de plus de trois jours son déficit en moins de cinq jours de mer.
Le scénario s’est déroulé parfaitement
Avec ses routeurs, le skipper de Sodeb’O a décidé en sortant du grand sud de « faire l’intérieur », c’est à dire d’exploiter un couloir de vent ascendant au plus proche des côtes sud-américaines. Thomas avait alors laissé l’île des Etats, puis les Malouines à tribord.
Malgré un régime relativement orageux avec de nombreux grains, le vent de secteur Sud a permis au Maxi Trimaran de tenir un cap et une trajectoire efficaces depuis près de 2 000 milles. Une option bien différente de celle choisie par Francis Joyon qui avait suivi une trajectoire plus à Est et subi des conditions météo beaucoup plus chaotiques sur ce tronçon.
Attention, la vie ne va pas s’adoucir pour autant
Il pourrait savourer ce plaisir de voir son retard se réduire à peau de chagrin, pourtant Thomas n’a pas conscience de cette remontée incroyable depuis le Cap Horn. Il vit au jour le jour, manoeuvre après manoeuvre et surtout actuellement, grain après grain.
Il approche d'une dépression orageuse à la latitude de Rio et sait que dès ce soir, il va commencer à payer le prix de cette magnifique route proche des côtes brésiliennes.
Là où Francis, plus à l'Est, était remonté travers à l’alizé, le skipper de Sodeb'O va devoir faire du près pendant environ trois jours. Le Maxi Trimaran est performant à cette allure. C'est pourquoi cette option a été prise, même si c'est l'une des allures les plus difficiles à supporter en multicoque.
Au près dans de la mer, le bateau se cabre à chaque vague et retombe dans un tremblement qui résonne jusque dans le squelette du capitaine. « Quand le bateau souffre, je souffre, » nous disait récemment Thomas. Et il va falloir souffrir. Le skipper sait que tout réside dans sa capacité à mener vite ce bateau dans de telles conditions.
Derrière l'alizé, ce sera déjà l’équateur où les prévisions météo s’avèrent optimistes comme les routages. Suivra ensuite le Pot au Noir, avec une transition se présentant a priori de manière assez fluide.
Quel beau suspense en perspective !
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