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\ Tour du monde \ Tour du Monde en solitaire \
Thomas Coville, une philosophie autour du monde ! |
| © Thierry Martinez / Sea & Co |
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Démesure ... | 







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| Mercredi 15 octobre Thomas Coville entrait officiellement en stand-by pour sa tentative de record autour du monde en solitaire. Si le maxi trimaran Sodeb’O était encore à quai à La Trinité sur Mer, tous les regards convergeaient déjà vers le large. Gilles MORELLE d’Adonnante.com était à bord lors de cette journée où l’équipe de Sodeb’O s’afférait à apporter les derniers réglages et dernières validations avant le grand saut. Morceaux choisis … |
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Vous êtes seul à bord de votre bateau, mais il y a toute une équipe derrière vous. Combien êtes-vous, et quels sont les rôles de chacun ?
On est six, enfin cinq plus moi. Les rôles de chacun :
Thierry Briend, boat captain du bateau, qui est en fait la personne avec qui je dialogue le plus par rapport au choix généraux du bateau et de l’organisation du groupe. C’est important de ne pas se retrouver à terre comme un solitaire. Et également pendant le routage et la période du tour du monde c’est quelqu’un avec qui je discute pas mal sur la performance du bateau, l’état physique, le timing et le dosage sportif d’un tour du monde comme ce que l’on va faire.
C’est quelqu’un qui a déjà beaucoup p navigué sur le bateau, qui connaît bien techniquement le bateau et cela me permet d’avoir effectivement ce point de vue autre que météo assuré par Richard Silvani et Chirsitan Dumard. C’est comme une discution d’une cellule arrière tactique, un barreur qui discute avec son tacticien ou son navigateur pour partager un point de vue avec un expert. J’aime bien cette manière de travailler et de vivre, de demander des avis. Et puis finalement au bout du compte c’est toi qui agis et qui tranches.
Martial Salvan, qui s’occupe du gréement courant, du gréement dormant et des voiles. C’est un gros poste, difficile. Il y a plus de 2.5 Km de bouts sur le bateau. Les voiles représentent un gros budget et c’est à la fois le moteur du bateau. Il ne faut pas se tromper non plus.
Alexis Aveline, à mi temps, qui s’occupe de l’électronique.
Olivier Despaigne, (dit Chinois), notre doyen avec ses 63 ans. Il s’occupe de toute la mécanique, l’énergie à bord, les winchs et l’accastillage.… Gros dossier qu’il faut bien connaître.
Il m’aide aussi dans l’administratif dans le projet à terre. (pour le côté administratif du projet...)
Caroline Pommeret, qui fait tout ce qui est logistique. Pour le tour du monde associé à la nourriture et avitaillement du bateau.
Jean Jacques Porrot, qui s’occupe du composite. Qui n’est pas à plein temps.
Parlez-nous de vos journées sur un record. Sont-elles standards ?
La force du solitaire est de s’adapter à une journée qui ne sera jamais standard. C’est vraiment cela. Tu te fais des scénarios, tu te prépares physiquement dans des manœuvres, dans des schémas météos ou dans un parcours que tu as dans la tête, et au bout du compte cela ne se passera jamais et cela ne se passera évidemment pas comme tu l’as prévu. La force du solitaire est d’être capable de s’adapter à ce qui n’était pas prévu et ce que tu n’avais pas envisagé. C’est ça avant tout d’être un bon solitaire.
C’est pour cela que j’ai beaucoup changé ma manière d’appréhender et de préparer et mes courses et mes bateaux dans cette logique là et dans cette aptitude à être finalement définitivement prêt à quelque chose pour lequel je ne suis pas préparé. C’est cela le plus difficile dans le solitaire sur ce genre de programme et sur cette durée.
Il n’y a pas de journée type. Il y a des journées ou cela glisse tout seul et ou finalement tu n’as pas dépensé beaucoup d’énergie et il y a des journées où c’est très très physique. Cela peut devenir très physique quand tu enchaînes les manœuvres.
Effectivement tout est très gros sur Sodeb’O pour un solitaire. Quelle est votre préparation pour ce tour du monde ?
Je travaille sur tout ce qui est cardio. Je fais très peu de musculation par rapport aux heures que j’ai pu passer en course à pieds, vélo et rameur pour effectivement travailler sur le cardio pour avoir de l’endurance. Il faut être explosif et souple. J’ai fait de l’endurance et de travailler la souplesse. Il faut être plutôt gymnaste que rigide et finalement très musculeux. Même à bord je continue à faire des assouplissements et avoir ce genre d’hygiène.
Apportez-vous du superflu sur ce tour du monde pour vous changer les idées ?
Je n’ai pas de DVD, juste deux livres et un IPOD avec de la musique que j’écoute finalement assez peu. Ce qu’il y a de plus fatigant sur un tour du monde c’est la concentration que cela te demande tout le temps. Tu es en permanence concentré sur la vitesse, sur toi, sur la météo, sur la prochaine échéance et ça c’est très fatigant. Tu dois vérifier le bateau trois fois par jour, te balader dedans et dehors, gérer ce qui va lâcher, un comportement anormal, un pilote qui déconne … Des petits détails en permanence mais tu es tout le temps concentré. Donc il y a très peu de moment où tu te déconcentres sur un sujet qui va être un livre ou de la musique. C’est un run, tu ne peux pas te déconcentrer tant que cela.
On entend toujours parler de fenêtre météo. Parlez nous de la votre :
L’idée est un Equateur en sept jours ou moins de sept jours. Très peu de visibilité après l’Equateur car en fait la fenêtre on la choisit 3 jours avant le départ. Cela fait déjà 10 jours jusqu’à l’Equateur et les fichiers précis au-delà de 10 jours ne sont vraiment pas bons. Le jour où tu pars tu commences à avoir une petite idée de ce qui se passe à l’Equateur.
Pourquoi cette philosophie du solitaire plus que de l’équipage ?
Depuis la Mini Transat en 97 je me suis lancé dans l’exercice du Solitaire. Vraiment je me fais plaisir à me perfectionner et apprendre à chaque fois sur cet exercice. J’ai fait plusieurs étapes de Volvo, deux Tours du Monde en multicoque en équipage et je me suis beaucoup plu aussi. Je me dis juste que l’intensité et physique, psychologique et de l’effort en général en multicoque en solitaire autour du monde est ce que l’on peut envisager de plus fort et c’est maintenant que je peux le faire et l’envisager et l’appréhender.
Je pense qu’effectivement ce que j’ai appris comme expérience là pourra me servir un jour pour faire de l’équipage. Je pense que c’est mieux de le faire dans ce sens là, ne serait-ce que pour une question d’âge aussi et de capacité physique et psychologique à tenir ce genre d’épreuve.
C’est aussi parce que pour l’instant quand je résume ce qui m’a le plus apporté, fait plaisir et poussé dans mes retranchements c’est : 1 -de faire du multicoque ; 2 - de faire du solitaire et 3 - de faire le tour du monde
Ce projet est de mettre en un seul projet les trois actions qui m’avaient jusqu’à présent le plus apporté. Tout simplement.
Je pense qu’en plus la compétition qu’on se livre avec Francis par records interposés a fait monter le niveau sportif, donc pour moi il ne me manque pas grand-chose.
IDEC détient le record du tour du monde en solitaire en 57 jours 13 heures 34 minutes et 6 secondes. Quelles sont les différences entre IDEC et Sodeb’O ?
On va y passer des heures si on commence à énumérer les différences parce que tu remarqueras que pour chaque projet en solitaire chaque skipper ressemble à son bateau et chaque bateau ressemble à son skipper et c’est finalement très différent à chaque fois.
Je pense que Francis a voulu faire le bateau le plus basique possible en se disant que plus le bateau est basique moins il était susceptible de casser et qu’il était fiable, ce qui est une évidence et une certitude. Moi j’ai cherché à avoir un bateau qui puisse être un bon compromis en cherchant à avoir une performance qui soit un peu supérieure entre guillemets. En philosophie c’est la grande différence. On a effectivement un mât basculant, en électronique plus de choses qui permettent d’améliorer la performance du bateau, un peu plus de longueur. On a décidé avec Sodeb’O de partager des images et de pouvoir en envoyer ce qui fait effectivement faire un choix d’un peu de surpoids au niveau de l’antenne et également de l’énergie qui faut pour pouvoir envoyer les images.
Avez-vous déjà de nouveaux projets après votre tour du monde ?
On a d’autres objectifs qui sont la Route du Rhum car elle a été ouverte à l’Open totale, ce qui a été une très bonne nouvelle pour nous. Entre temps on réfléchit entre New York -San Francisco et sinon des records qui resteraient sur l’Europe. Ce n’est pas encore fini d’être statué avec Sodebo.
Des projets, ça j’en ai plein la tête ! J’aimerai bien faire une étape de la Volvo si je suis rentré assez tôt.
Mais pour l’instant on va faire ça (le Tour du Monde, ndlr), c’est un sacré dossier déjà. C’est super, je suis très content. C’est le projet qui me plaisait le plus.
Adonnante.com tient à remercier Thomas Coville et toute son équipe pour leur accueil à bord de Sodeb’O.
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Source : Gilles MORELLE |
20-10-2008 > Article
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