A moins d´un mois du grand départ, Jonny Malbon affiche toujours une grande détermination mais reste conscient du peu de temps qui lui reste pour effectuer les derniers réglages sur son plan Rogers, Artemis. Après un problème de jauge sur son gréement qui l´avait obligé à construire un nouveau mât, Malbon et son équipe n´ont pas pu participer cet été à la Transat Anglaise. Les premiers essais du bateau dans l´Atlantique Nord ont confirmés ensuite au navigateur britannique qu´il avait du chemin à faire s´il voulait bien connaître son monocoque, ayant avoué à son retour qu´il a eu la peur de sa vie lors d´un coup de vent.
Jonny a hâte de prendre le départ, mais il admet volontiers qu´il a encore un tas de choses à apprendre et que désormais cela se fera pendant la course et non pas en amont. Pour le départ, il préférerait naviguer au près : "D´une certaine manière, cela va être plus confortable pour moi, si cela s´effectue au près, car ce sont ces conditions là que je connais le mieux sur le bateau. Cela me permettrait d´apprendre sur le tas, de m´habituer au rythme de sommeil et de repas avant de toucher les alizés."
Au cours de ces dernier jours, Jonny s´est donné comme priorité de naviguer afin de savoir jusqu´où où il peut pousser son bateau par vent fort. "nous n´avons encore pas navigué toutes voiles hautes et ballasts pleins, afin de découvrir toute la puissance cachée d´Artemis. J´ai besoin de savoir comment utiliser cette puissance en solitaire. Durant le Vendée Globe, il faudra beaucoup utiliser le pilote et il faut déterminer ses capacités de contrôle. Je veux voir aussi comment corriger un problème ou rectifier les choses si cela devient trop inquiétant."
N´ayant pas pu s´entraîner physiquement avant, Jonny va passer les dernières semaines à faire des pompes et à travailler sur les abdominaux, afin d´être plus efficace aux manœuvres. Il reconnaît que lors de son parcours de qualification, manger et boire lui ont posé des soucis, mais il espère désormais mieux comprendre les enjeux d´un bon régime alimentaire. "J´ai appris qu´il faut varier les repas. Nous avons des aliments lyophilisés de quatre fournisseurs. J´emporterai également des plats préparés à réchauffer, même si par le passé j´estimais que cela pesait trop lourd. Il n´y a rien de pire que de ne trouver que de la paella à manger ! J´ai également de la menthe, du poivre et du sel que je n´ai jamais pris auparavant et j´ai ré-organisé la cuisine pour avoir un réchaud plus important".
Livres et musique pour combler la solitude !
C´est la solitude qui sera le plus dur à supporter, car Jonny n´a jamais passé plus de trois semaines en solitaire sur un bateau. "La première fois que j´étais seul sur un bateau, à cause de la fatigue et du stress, j´entendais des voix, ce qui faisait peur. J´entendais certaines expressions, comme "Bien reçu. A bientôt" à répétition et je répondais à haute voix. Cette fois, j´ai entendu moins de voix et j´ai parlé moins, mais à un moment, j´ai crié, ‘Hé mec! Vous n´allez pas me faire cela !", mais cela vient de la fatigue et du stress. J´avais néanmoins l´impression qu´il y avait quelqu´un avec moi tout le temps, comme par le passé." L´ancien DJ optera pour la musique pour se détendre, et prendra quelques DVD et des bouquins aussi.
Quant à sa performance, comment envisage-t-il sa course ? "Il n´est pas évident de savoir comment cela va se passer. Je veux faire de mon mieux et je n´y serais pas ici si je ne croyais pas que je sois capable d´un bon résultat. Mais en même temps, je ne veux pas avoir des attentes irréalistes. J´ai une montagne à surmonter comme tout le monde, mais il faut dire que je suis celui qui a le moins d´expérience sur le bateau le moins préparé. Je suis réaliste en pensant que ce serait un grand coup si je terminais la course. Mais je serai prudent et je n´aurai pas peur de lever le pied. Je ne vais pas tenter de battre le record de 24 heures. Mon objectif est d´être prudent et de boucler le tour et si j´arrive en bonne position, ce sera encore mieux!"
Aviva en convoyage vers les Sables d´Olonne
Après quelques journées d´activité intense à Gosport (GB), Dee Caffari a enfin largué les amarres hier soir accompagnée par quelques membres de son équipe technique. Le week-end dernier fut l´occasion des dernières vérifications concernant le matériel de rechange et l´avitaillement. Lors du départ hier soir, de nombreux écoliers sont venus lui souhaiter bon vent et lui ont présenté Sizzles l´ourson, qui sera sa mascotte lors du Vendée Globe, comme ce fut le cas lors de son précédent tour du monde à l´envers. Sizzles va ainsi devenir le premier ourson à avoir fait le tour du monde dans les deux sens!
Alex Thomson a mis le cap sur Les Sables
Alex Thomson a quitté sa base technique de Gosport vendredi soir à bord du monocoque Hugo Boss pour son convoyage vers Les Sables d´Olonne. Il est accompagné par le gréeur Giles Waterhouse et son boat captain Ross Daniel qui vont effectuer un dernier entraînement avec Alex lors de ce voyage. Normalement le bateau devrait rejoindre Les Sables avant vendredi prochain ou ils retrouveront le reste des membres de l´équipe. Au cours de ces dernières semaines, Hugo Boss a subi quelques dernières modifications afin d´être fin prêt pour le Vendée Globe, pendant qu´Alex s´entraînait en faisant du vélo, du squash et du gym.
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