Un passage délicat, comme le seront par la suite le Golfe de Gascogne et les derniers milles en Manche. En clair, pointant à 1 700 milles de Londres ce jeudi après-midi, l’équipage de Gitana 13 devra s’accrocher et ne pas perdre patience pour atteindre son but.
Les marins possèdent une grande capacité à s’adapter sans cesse aux changements météorologiques. Mais lorsqu’arrivent les derniers milles et que « la maison » n’est plus très loin – comparativement aux 13 000 milles parcourus depuis Hong-Kong - l’envie d’en finir se fait plus pressante ! : « Ce matin, alors que les fichiers de prévisions n’étaient pas bons et que nous avancions péniblement à 10 nœuds dans un vent capricieux, je dois dire que le moral des troupes n’était pas vraiment au beau fixe … Mais depuis nous avons eu de nouveaux fichiers, plus optimistes, et la bonne humeur est de retour. Les derniers jours d’un long voyage, comme la Route du Thé, sont toujours partagés entre l’envie d’arriver et la nostalgie de rentrer.» nous confiait Lionel Lemonchois.
Côté météo, les dix marins du Gitana Team savent qu’ils peuvent compter sur le talent et la disponibilité de Sylvain Mondon pour tenter de déjouer les pièges qui se dressent sur leur route. D’ailleurs, les échanges téléphoniques et mail entre le navigateur embarqué et le routeur à terre se multiplient ces derniers temps : « Gitana 13 est, au près, en approche d’une dépression orageuse dans des vents de secteur Nord fluctuant au gré des descentes d'air froid associées. C'est pourquoi l’équipage progresse à des vitesses modérées, comprises entre 10 et 15 nœuds. Une tendance qui ne devrait pas s’arranger, voire s’amplifier, la nuit prochaine et demain matin. En effet, dans une vingtaine d’heures, le maxi-catamaran commencera la phase la plus délicate au sud de la dépression dans des vents assez faibles. Cette zone transitoire, située dans le nord-ouest immédiat des Canaries est néanmoins importante à franchir car à l'issue de ce passage les vents fraîchiront lentement au début puis rapidement ensuite, tout en s'orientant à l'Ouest puis au Sud-ouest au cours de la journée de vendredi » expliquait Sylvain Mondon avant de conclure : « Dès lors, Gitana 13 pourra glisser au portant à des vitesses supérieures à 20 nœuds, ce qui lui permettra de se rapprocher rapidement du Cap Finisterre vendredi soir et samedi» ; un changement de régime que les dix marins attendent avec impatience, tant pour l’heure ils en payent le prix fort.
Partis de Hong-Kong le 14 août dernier, Lionel Lemonchois et ses neuf équipiers ont attaqué ce jeudi matin leur sixième semaine de mer, en espérant qu’il s’agira de la dernière. Car si l’ETA (Estimated Time of Arrival) exacte est bien difficile à donner aujourd’hui, tous s’accordent sur une arrivée à l’entrée de la Tamise entre le 23 et le 25 septembre. D’ici là, le Golfe de Gascogne et la Manche les attendent, ce qui sera loin d’être une partie de plaisir : « Dès dimanche, le vent qui aura poursuivi sa rotation s’orientera au secteur Est à l'approche du Golfe de Gascogne. C'est donc à nouveau du près dans des vents soutenus d'Est à Nord-Est que devra affronter Gitana 13 pour traverser le Golfe de Gascogne et la remontée de la Manche. Les dix marins du Gitana Team enchaîneront les virements jusqu'au Pas-de-Calais. C'est donc aux prix d'efforts importants que les derniers milliers de milles seront parcourus. Nul doute que la remontée de la Tamise jusqu'à Londres à des allures portantes sera un soulagement pour tout l'équipage, même si le trafic fluvial imposera une vigilance accrue jusqu'à la cité londonienne.»
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