Il a franchi la ligne d'arrivée de la troisième et dernière étape de la Solitaire du Figaro en 8ème position, et se place premier bizuth au classement général, plus de deux heures devant son poursuivant immédiat Adrien Hardy (Agir Recouvrement) ... François Gabart prouve là tout son talent de jeune Espoir.
Dès le départ de cette Solitaire du Figaro à la Rochelle, François Gabart avait démontré qu'il faudrait compter avec lui. Septième du prologue et premier bizuth, sixième de la première étape et premier bizuth, François Gabart déclarait "Je découvre les joies du Figaro ! C'est vraiment super. On ne pouvait pas rêver mieux pour un début."
La deuxième étape se déroule plus difficilement, François termine 37ème et 3ème bizuth, heureux d'en finir de cette étape parfois tricotée à l'envers. il analyse alors ses erreurs avec lucidité et ne s'octroie aucune concession : "Au départ, je n'avais pas de prétention pour le classement général. C'est dur d'être régulier quand on est bizuth, sur trois semaines de course. La preuve ... J'ai fait une belle erreur sur cette deuxième étape. Tant qu'on ne s'est pas pris une claque, on ne comprend pas."
A la veille du départ de la troisième et dernière étape à Cherbourg, François Gabart est rayonnant : "En mer, la vie est plus facile. Il me parait plus facile de courir une longue étape que deux étapes entrecoupées d'une escale à terre parce qu'on casse un rythme et qu'il faut s'adapter à un nouveau rythme. J'ai hâte de partir sur cette très longue étape ! "
Mais les prévisions météo pessimistes contraignent la direction de course à raccourcir le parcours par deux fois. Au final, cette troisième étape qui aurait dû compter pour deux, sera longue de 470 milles et se courra dans une mer formée et par vent fort, des conditions éprouvantes, surtout pour un bizuth qui découvre la Solitaire : "Sur cette dernière étape, c'était un peu dur, 150 milles au près c'était super instable, il fallait rester à la barre, impossible de régler le pilote automatique". Il cravache, y croit, se sent bien. Il fait partie des 12 premiers, 24 heures après le départ de Cherbourg et reste accroché au wagon de tête. Il navigue au sud de la route directe, près des côtes bretonnes. Après une première partie de parcours au près, très éprouvante, il franchit la marque de parcours Brittany Buoy en 12ème position. Il lui reste alors encore plus de 19 heures de mer. Sous spi, François ne lâche rien, se démène pour finir en beauté, en doublant Eric Drouglazet (Luisina) et Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) à quelques milles de l'arrivée, sous spi. François est arrivé fatigué, après avoir tout donné et tellement heureux : " J'ai tout donné, c'était le sprint, j'ai même un peu de casse sur le bateau et je suis vraiment fatigué. Je m'attendais à prendre du plaisir et je me sui régalé !"
A 25 ans, François Gabart remporte donc le classement bizuth et s'est bagarré avec les meilleurs. Avec un tel niveau, le skipper ESPOIR REGION BRETAGNE illustre brillamment le niveau d'excellence de la filière nautique bretonne et est devenu l'un des plus beaux ambassadeurs de la Bretagne maritime.
MORCEAUX CHOISIS
L'étape : "C'était super sympa en fin de compte. C'était à la fois de la tactique, de la stratégie. Vivre tout cela sur une même étape, c'est top."
La gestion du matériel et de l'homme : " Sur les deux premières étapes je me disais toujours "ménage le bonhomme, ménage le matériel. Depuis avant-hier, je ne ménage plus rien du tout !!! Je suis vraiment content."
Doubler Eric Drouglazet et Thierry Chabagny dans la dernière heure : "A un moment je me suis dit ils font quoi tous à se suivre à la queue leu leu ?! J'ai un petit spi qui n'est pas sorti de son sac, au moins il va servir à quelque-chose ... Les vieux je vais les bouger un peu !"
La bataille chez les bizuths : "Je me suis bien battu,c'est une grosse expérience, beaucoup d'efforts. A chaque fois ça a été la bagarre avec Adrien Hardy. Hier, après le gros coup de vent, nous nous sommes croisés à 20 mètres ! J'ai vu une voile bleue et je me suis dit "Ca y est c'est Adrien...! Je me suis souvent demandé à quel moment je verrai sa voile bleue, nous ne nous sommes pas lâchés !"
La difficulté de la course : "Je m'attendais à plein de choses mais pas à ce que j'ai vécu. Il faut la vivre cette course pour comprendre. J'ai découvert plein de choses sur moi, sur mon envie de gagner, sur mes compétences. J'ai essayé de ne rien lâcher. La seule frayeur que j'ai eue c'était cette baleine croisée à quelques centimètres dans la deuxième étape. Je me suis accroché de temps en temps sur cette étape. Avec la fatigue, je me sentais partir ! "
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