Il n'a pas huit ans ce gamin qui godille dans le port de Rosmeur, un petit gars de Douarnenez, venu souhaiter la bienvenue aux bateaux amarrés collés serrés. Bien calé dans sa petite plate jaune il se faufile, d'une poignée experte, entre les coques. Le port c'est un peu son jardin de petit gars de la côte. A portée de gaffe, sur le quai, les marins, qui sont « descendus » prendre « l'apéro », interpellent les retardataires, les commerçants commencent à connaitre les noms des uns et des autres… les invités sont d'entrée de jeu chez eux…il faut dire que ce n'est pas bien grand ici, un vrai pt'it nid et lorsque la nuit tombe, la scénographie imaginée par Philippe Violanti abolit encore un peu plus l'espace entre terre et mer.
Inauguration sur le Kruzenshtern
Les quatre parrains, Jean le Cam, Mikel Epalza, André Le Berre et Roger Cougot ont inauguré ces fêtes maritimes, ce matin, en présence du président, Jean Michel le Boulanger, du maire de Douarnenez Philippe Paul, du président du conseil régional Jean-Yves le Drian et d'Hélène Tanguy maire du Guilvinec. Ils se sont réunis à 11H00 sur le Kruzenshtern, le quatre-mâts barque de 114,50 mètres, naviguant sous pavillon russe. Comme le veut la tradition, Jean Michel Le Boulanger rappelait le sens des fêtes maritimes de Douarnenez : "Douarnenez est riche de son histoire, de l'histoire de la pêche, de ses bonheurs et de ses drames. Un port est avant tout un lieu d'échanges et de rencontres, c'est pourquoi il était légitime que cette édition 2008 respecte ces fondamentaux essentiels qui ont forgé son identité : une fête humaine, un instant privilégié de solidarité et de tolérance, des rencontres individuelles générant une intelligence collective. »
Pays Basque à l'honneur
Une longue histoire lie Douarnenez et le Pays Basque... Une fraternité de gens de mer ardemment défendue par un des parrains de la fête, Mikel Epalza, l'aumônier des marins de Bayonne. « Sous l'empire romain Douarnenez et Guéthary, près de Saint-Jean de Luz étaient déjà liés puisque c'étaient les deux bases des salaisons de poisson ». L'histoire a perduré et pris un nouveau tournant du XVIème siècle jusqu'à aujourd'hui lorsque « les marins basques ont choisi le port finistérien comme escale pour les sardines puis plus tard pour le thon et les anchois ». Pour Mikel Epalza « la pêche, la conserverie, la solidarité maritime, le combat pour défendre une profession menacée font que les basques et les bretons ont toujours écrit et écriront encore de belles pages ensemble ».
Ainsi, afin d'honorer les fêtes douarnenistes, « ceux du pays Basque » ont mis un point d'honneur pour que Taxoa, la chaloupe traditionnelle, soit présente à l'heure. Aujourd'hui, le programme basque était dense : conférence sur les langues régionales, concours de manœuvres, débat, chants et danses ont rythmé la journée.
Le café des gens de mer
Au « café des gens de mer », les débats sur la culture maritime se succèdent. Ainsi, après le premier opus, hier, sur « la navigation et les ports plus respectueux de l'environnement » en présence de Nicolas Hulot cinq autres discussions vont suivre :
Vendredi : 17H00-18H30 : « Un siècle de navigation à la voile » en présence de Jean Le Cam
19H00-20H30 : « Marins-pêcheurs du pays basque »
Samedi : 17H00-18H30 : « Pour ainsi dire Perros » en présence de Miossec
19H00-20H30 : « Histoire de la pêche langoustière au XXème siècle en Mauritanie »
Dimanche : 17H00-19H00 : « Hommage à Anita Conti, la dame de la mer »
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