Depuis qu'il a doublé le phare d'Ambrose, mardi à 13h47 (heure française) le solitaire pousse son trimaran à une moyenne de 23,3 nœuds. Il n'a dormi que par toutes petites tranches, des bouts de sieste de 20 minutes, et pas plus de quatre en trois jours. Envoyer le grand gennaker (350 m2), le rentrer, dérouler le solent, l'enrouler pour renvoyer le gennaker, prendre un ris, chaque manœuvre est exigeante. "Quand tu joues avec ces surfaces de voile, explique Thomas, il faut une précision d'horloger pour ne pas se mettre en danger."
En début d'après-midi aujourd'hui, Sodeb'O faisait des pointes à 28 nœuds sur une mer hachée. Il naviguait sous grand-voile à 1 ris et grand gennaker dans un vent qui fraîchissait et dépassait les vingt nœuds (haut de la force 5). "Bizarrement, ajoute-t-il, le temps est toujours aussi bouché. Même si la visibilité est un peu meilleure que sur les Bancs de Nantucket et de Terre Neuve, cela fait trois jours entiers que je navigue dans le brouillard. Heureusement, il commence à faire un peu plus chaud, 15°C environ. Le point très positif, c'est que le maxi-Sodeb'O peut enchaîner les journées à près de 600 milles, dans des conditions qui n'ont rien d'exceptionnel pour un record. C'est dire le potentiel du bateau qui a été allégé de près d'une tonne cette année."
A 13h30 ce samedi 12 juillet, Sodeb'O avait 370 milles d'avance théorique sur le record détenu depuis 2005 par Francis Joyon. Il restait à Thomas Coville 1270 milles à parcourir jusqu'à la ligne d'arrivée au Cap Lizard (sur les 2987 milles de la route directe). Soit une distance équivalant à un parcours Brest-Marseille en contournant l'Espagne et le Portugal.
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