Cet après-midi, Thomas Coville et son maxi-trimaran Sodeb'O devraient sortir de la purée de poix des bancs de Terre Neuve. "En ce moment, le truc, c'est de sortir le plus vite possible de cette mélasse." nous confiait Thomas Coville ce matin au téléphone.
Cette mélasse, c'est l'épais brouillard qui enveloppe les bancs de Terre Neuve. De nouveau Thomas ne voit pas le bout de ses étraves. A ce stress de naviguer à l'aveugle s'ajoute les nombreux bateaux de pêche qui l'ont obligé toute la nuit à zigzaguer et l'annonce des autorités canadiennes qui signalent deux énormes icebergs qui se sont détachés de la banquise et forment des "growlers". Ces morceaux de glaces qui flottent entre deux eaux peuvent endommager sérieusement les coques et appendices. Et comme si le tableau n'était pas assez animé, Thomas a aussi aperçu des baleines.
Si le marin n'a pas pu fermer l'oeil il a pris le temps de manger et de boire des boissons énergisantes. D'ici peu, son horizon devrait s'éclaircir. En effet, il a doublé ce matin le Cap Race, le plus oriental des caps américains. La route s'ouvre jusqu'au Lizard, au sud-ouest de l'Angleterre. Pour s'emparer du record, il devra y parvenir avant mardi 15 juillet, 15h47 TU soit 17h47 heure française.
Record de l'Atlantique nord en solitaire - la tension à bord.
|