Une histoire d’hommes
Une seconde pour une victoire ? Une dernière régate de folie ? Des renversements de situation à foison ? Une intensité totalement incroyable ? Une ambiance en mer comme à terre proprement inimaginable ? Que retenir de la Coupe de l’America 2007…
Car il y avait tout, tout ce qui fait que l’on aime le sport, que l’on adore ce sport-là. Alors je garderai à jamais un souvenir des hommes, des régatiers, ceux qui permettent que le spectacle soit bon, que les régates soient somptueuses. Les vainqueurs bien sûr – même si, excusez-moi Messieurs d’Alinghi, je n’ai pas aimé, mais pas du tout, l’arrogante remise du trophée, vos adversaires étaient déjà battus pourquoi ne pas les avoir intégrés à la fête et ainsi, tant rabaissés ? et cette casquette pitoyable attachée à la Coupe… comme si la Reine d’Angleterre portait une base-ball cap ? – les vaincus aussi.
Tous, ces marins qui nous ont fait vibrer. Le sourire coquin de Brad Butterworh, la démarche de flamand rose d’Ed Baird, le regard d’une intensité profonde et émouvante, les jours de défaite, d’Ernesto Bertarelli, la nonchalance somptueuse de Murray Jones… Mais tout autant le faciès de bouledogue de Grant Dalton, l’incroyable amplitude de Dean Barker, la bonhomie de Terry Hutchinson les soirs de victoire comme ceux d’insuccès…
Il est d’ordinaire habituel de retenir des précédentes Coupe de l’America, un homme, un bateau, un drapeau. Voilà un an, ils étaient 34 marins sur l’eau séparés par la victoire mais indivisibles par le talent, l’abnégation et la volonté. Merci à vous tous.
Philippe Joubin, L’Équipe
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